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Environnement à Kolda : L’arrondissement de Saré Bidji face au péril des feux de brousse et de la déforestation

À l’occasion du coup d’envoi de la campagne de reboisement 2026 dans la commune de Thiétty, les autorités forestières ont sonné le tocsin. Entre coupes de bois illicites et incendies dévastateurs, le couvert végétal du Fouladou subit une dégradation alarmante qui compromet gravement les efforts de restauration écologique.

Le cri du cœur vient du sergent-chef Saliou Diouf, chef de brigade des Eaux et Forêts de Saré Bidji (département de Kolda). Face aux populations locales réunies mercredi dernier, le responsable a dressé un bilan sans concession de l’état de santé des massifs forestiers de la zone. Les feux de brousse répétés, associés aux défrichements agricoles incontrôlés et au trafic de bois, annihilent une part importante des investissements environnementaux consentis par l’État et ses partenaires.

Les incendies : premier ennemi de la régénération forestière

Chaque année, des milliers d’hectares de forêts et de périmètres de restauration partent en fumée à Kolda. Ces sinistres chroniques détruisent non seulement la biodiversité, mais réduisent également à néant le travail de plantation des communautés.

« D’énormes hectares sont ravagés chaque année par les feux de brousse qui détruisent aussi nos périmètres de restauration et nos massifs forestiers », a déploré le sergent-chef Saliou Diouf.

Au-delà de la perte écologique directe, ce phénomène accélère l’assèchement des cours d’eau locaux et accentue la hausse des températures dans une région jadis réputée pour sa forte pluviométrie et sa verdure.

Un cri du cœur pour le renforcement des moyens opérationnels

Le constat technique s’accompagne d’une doléance matérielle cruciale. Actuellement, le service départemental des Eaux et Forêts ne dispose que d’une unique unité d’intervention pour couvrir l’ensemble du territoire, une logistique dérisoire face à l’immensité de la zone à surveiller.

Pour inverser la tendance, le sergent-chef Saliou Diouf prône une décentralisation de la riposte :

Équiper chaque collectivité territoriale en matériel de première urgence.

Doter chaque commune d’une unité légère de lutte contre les incendies.

Garantir une intervention rapide dès le signalement des premiers départs de feu pour éviter les propagations incontrôlables.

Coupe abusive de bois : une menace persistante malgré la surveillance

Si les campagnes de sensibilisation et la vigilance accrue des agents des Eaux et Forêts ont permis d’enregistrer une baisse des coupes illicites ces dernières années, le pillage du bois (notamment pour le charbon ou le commerce clandestin) reste une épine dans le pied des protecteurs de la nature. La pression anthropique demeure forte, exacerbée par la proximité des frontières et la demande des marchés.

Pour la brigade forestière, planter des arbres ne suffit plus. Le véritable défi de la campagne 2026 réside dans la capacité des populations à assurer la survie et la protection des jeunes plants. Le sergent-chef a ainsi lancé un appel pressant à une coproduction de la sécurité environnementale, associant élus locaux, comités de vigilance villageois et citoyens, afin de préserver ce patrimoine vital pour le développement durable du Fouladou.

La Rédaction — Sunuker.net