Ce 29 avril marque le dernier jour accordé aux Pakistanais encore présents pour passer la frontière. La majorité emprunte le poste d’Attari, dans le Pendjab, connu pour ses parades militaires où les deux armées se font face. D’autres choisissent la voie aérienne. Difficile toutefois d’évaluer combien sont restés, en dépit du risque de trois ans de prison.
Nés de leur partition meurtrière en 1947, les deux voisins, et surtout rivaux, entretiennent depuis leur indépendance des relations conflictuelles. Cette partition jette sur les routes près de 15 millions de personnes : musulmans vers le territoire pakistanais, hindous et sikhs en direction inverse. Elle cause des émeutes et des massacres qui font un million de victimes.
Aujourd’hui, la communauté pakistanaise en Inde est marginale : plusieurs États la chiffrent en centaines ou en milliers, mais aucun recensement national n’existe, et le gouvernement n’a pas communiqué de chiffre global.
Les médias rendent néanmoins compte de scènes de larmes à la frontière. Comme le Pakistan a riposté en expulsant aussi des Indiens, les familles mixtes sont condamnées à la déchirure du jour au lendemain, comme une partition miniature.
De son côté, la classe politique et une grande partie de la société indienne soutiennent la décision du gouvernement ultranationaliste de Narendra Modi. Traquer les auteurs de l’attaque et leurs complices « jusqu’au bout de la terre » avait-il déclaré après l’attaque dans le Cachemire indien.
Après ces expulsions, les deux pays semblent irréconciliables. Seuls leurs gouvernements se font désormais face, multipliant sanctions et menaces. Depuis plusieurs nuits, des tirs d’armes légères opposent soldats indiens et pakistanais le long de la « ligne de contrôle », la frontière qui divise le Cachemire.
rfi