NEW YORK — La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall à la tête des Nations unies demeure fragile après le deuxième vote indicatif organisé par le Conseil de sécurité, vendredi 21 août 2026. Selon les résultats qui ont circulé après ce scrutin confidentiel, Macky Sall obtient six voix favorables, sept défavorables et deux « sans opinion », soit exactement le même bilan que lors du premier vote.
Ce résultat traduit une certaine stabilité de son socle de soutien, mais ne lui permet pas pour l’instant de se rapprocher du niveau nécessaire pour espérer obtenir la recommandation du Conseil de sécurité. Le « straw poll » reste toutefois un scrutin informel et non contraignant : il sert avant tout aux membres du Conseil à évaluer la viabilité des différentes candidatures et à mesurer les rapports de force avant les négociations finales.
À terme, le Conseil de sécurité devra recommander un candidat à l’Assemblée générale. Pour être recommandé, celui-ci devra réunir au moins neuf voix sur les quinze membres du Conseil, tout en évitant un veto de l’un des cinq membres permanents : les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.
Le deuxième vote a surtout été marqué par la progression de Carolyn Rodrigues-Birkett, candidate de la Guyana. La diplomate obtient huit voix favorables, trois défavorables et quatre sans opinion, prenant ainsi la première place devant la Costaricienne Rebeca Grynspan et l’Argentin Rafael Grossi, qui recueillent chacun sept mentions favorables.
Cette évolution est significative. Lors du premier scrutin, Grynspan avait obtenu dix voix favorables et occupait largement la tête, tandis que Rodrigues-Birkett en avait recueilli neuf. La candidate guyanaise a donc perdu une voix favorable, mais la baisse beaucoup plus importante enregistrée par Grynspan lui a permis de prendre provisoirement l’avantage.
Rafael Grossi conserve pour sa part sept soutiens, mais compte désormais six avis défavorables, ce qui le place derrière Rodrigues-Birkett et Grynspan en termes de rapport entre encouragements et oppositions.
Autre évolution notable : Olara Otunnu, candidat ougandais, progresse nettement. Il passe de deux à cinq voix favorables, même s’il recueille également cinq avis défavorables et cinq positions sans opinion. Cette progression pourrait renforcer la dimension africaine de la compétition dans les prochaines phases.
Pour l’ancien chef de l’État sénégalais, le maintien à six voix constitue à la fois un signe de résistance et une source de préoccupation. Sa candidature n’est pas éliminée, mais elle reste éloignée du seuil de neuf voix et présente davantage d’avis défavorables que de soutiens.
Macky Sall demeure par ailleurs le seul candidat ouest-africain encore en lice. Sa candidature a été portée par le Burundi, tandis que celle d’Olara Otunnu bénéficie du soutien de l’Ouganda. Cette configuration pourrait donner une importance particulière aux discussions diplomatiques entre pays africains au fur et à mesure que la procédure avancera.
La question d’une éventuelle concentration des soutiens africains autour d’un même candidat pourrait donc devenir déterminante. Mais, à ce stade, aucune décision publique ne permet d’affirmer qu’un retrait ou un regroupement de candidatures africaines est imminent.
La deuxième consultation ne permet pas encore de désigner un favori incontestable. Les huit candidats actuellement recensés restent dans la course, avec des rapports de force susceptibles d’évoluer lors des prochains tours.
Le processus pourrait d’ailleurs s’étendre sur plusieurs semaines. Les consultations informelles doivent permettre de faire émerger progressivement un candidat capable de réunir une majorité suffisante, tout en étant acceptable pour les cinq puissances disposant du droit de veto.
Le prochain enjeu sera donc moins celui d’un simple classement que celui des tractations diplomatiques. Les candidats devront convaincre les membres du Conseil de sécurité, mais aussi éviter de cristalliser une opposition susceptible de bloquer leur candidature au stade final.
Pour Macky Sall, le défi est désormais clair : transformer ses six soutiens actuels en une base suffisamment large pour franchir le seuil des neuf voix. Son score inchangé montre qu’il conserve des appuis, mais les sept avis défavorables indiquent également l’ampleur du travail diplomatique qui reste à accomplir.
La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève à la fin de décembre 2026, est donc loin d’être jouée. La Guyanaise Rodrigues-Birkett a pris une longueur d’avance dans ce deuxième sondage, mais aucune candidature ne dispose encore d’une majorité décisive.
Sunuker News Desk
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