Diomaye-Sonko : Madiambal Diagne affirme que le président pourrait « détruire » son ancien allié en 24 heures
Alors que la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’installe au cœur du débat politique sénégalais, le journaliste Madiambal Diagne livre une lecture particulièrement tranchée des rapports de force entre les deux anciens compagnons de route. Selon lui, le chef de l’État disposerait de suffisamment de leviers pour mettre rapidement fin à l’influence politique de son ancien allié s’il décidait d’emprunter cette voie.
La crise entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko continue de susciter de nombreuses analyses au Sénégal. Quelques heures après les déclarations du président de la République sur RFI et France 24, le journaliste Madiambal Diagne est revenu sur cette relation désormais profondément dégradée, lors d’une émission animée par Aïssatou Diop Fall.
Son analyse est sans ambiguïté.
« Si Bassirou Diomaye Faye voulait détruire Sonko, il le ferait en moins de 24 heures », a déclaré le journaliste, précisant qu’il s’agissait de sa propre lecture de la situation. Cette déclaration, largement reprise dans la presse sénégalaise, ne correspond toutefois à l’annonce d’aucune décision officielle du chef de l’État.
Madiambal Diagne affirme ainsi que le président dispose, à ses yeux, de plusieurs leviers politiques et institutionnels qui pourraient être utilisés contre l’influence de son ancien compagnon de route. Il reconnaît cependant ne pas connaître les raisons pour lesquelles Bassirou Diomaye Faye ne chercherait pas, selon son hypothèse, à utiliser ces moyens.
« Ce qu’il attend, je ne sais pas », a-t-il ajouté au cours de l’émission.
Cette sortie intervient dans une séquence politique particulièrement sensible. La veille, depuis New York, Bassirou Diomaye Faye avait lui-même abordé publiquement sa rupture avec Ousmane Sonko lors d’un entretien accordé à RFI et France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Le président avait évoqué des « divergences persistantes sur certains sujets » et expliqué que la rupture de confiance l’avait conduit à choisir un autre Premier ministre.
Une rupture désormais assumée au sommet de l’État
Pendant plusieurs années, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont incarné un même projet politique. Leur compagnonnage au sein de Pastef avait contribué à leur ascension respective et à la victoire présidentielle de 2024.
Mais l’exercice du pouvoir a progressivement fait apparaître des désaccords. La rupture est devenue officielle avec le départ de Sonko de la Primature et la nomination d’un nouveau chef du gouvernement.
Lors de son entretien avec RFI et France 24, Bassirou Diomaye Faye a défendu sa décision en invoquant ses prérogatives constitutionnelles. « Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre », a-t-il expliqué. Le président a également assuré que « le Sénégal avance et la République est à l’œuvre ».
Le chef de l’État a ainsi choisi de présenter la crise non comme un conflit personnel, mais comme une divergence devenue incompatible avec la poursuite du fonctionnement de l’exécutif.
Cette version tranche avec les lectures politiques qui présentent la séparation comme le résultat d’une lutte de pouvoir entre les deux hommes.
Les leviers évoqués par Madiambal Diagne
La formule utilisée par Madiambal Diagne — « détruire Sonko » — relève donc d’une appréciation politique et non d’un constat juridique ou institutionnel.
Le journaliste estime néanmoins que le président de la République possède une position institutionnelle lui donnant une capacité d’action considérable. Il laisse entendre que si Bassirou Diomaye Faye avait pour objectif de neutraliser politiquement son ancien allié, il pourrait engager rapidement des actions susceptibles d’affecter son influence.
Mais cette hypothèse doit être distinguée des faits. Aucune décision annoncée publiquement par la présidence ne permet, à ce stade, d’affirmer que Bassirou Diomaye Faye aurait engagé une telle démarche.
Au contraire, dans son entretien à New York, le président a surtout insisté sur le fonctionnement de l’État et sur son propre mandat. Il a déclaré que la seule chose qu’il pouvait « trahir » était son serment devant le peuple sénégalais et Dieu, rejetant ainsi l’idée selon laquelle son engagement politique envers son ancien parti ou son ancien compagnon constituerait une obligation supérieure à ses responsabilités présidentielles.
Une bataille qui dépasse désormais les deux hommes
La crise Diomaye-Sonko ne se limite plus à une querelle entre deux personnalités. Elle touche désormais au fonctionnement des institutions et à l’équilibre politique du Sénégal.
Les relations entre l’exécutif et la majorité parlementaire constituent notamment un enjeu majeur. Le président de la République a évoqué la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale, tout en indiquant qu’il n’y avait pas de « fixation » sur cette question.
Cette configuration donne à la confrontation une dimension institutionnelle supplémentaire. D’un côté, le président entend poursuivre son action gouvernementale et défendre ses choix économiques, notamment le nouveau cadre de coopération avec le FMI. De l’autre, Ousmane Sonko demeure une figure centrale de la scène politique et de l’ancien appareil de Pastef.
Le dossier économique constitue d’ailleurs l’un des points de divergence régulièrement évoqués dans l’analyse de cette crise. Le Sénégal a conclu début septembre un accord technique avec le FMI après une période de suspension de la coopération, alors que Sonko avait historiquement défendu une approche beaucoup plus critique à l’égard de certaines institutions financières internationales.
Une phrase qui relance le débat
La déclaration de Madiambal Diagne intervient donc à un moment où le débat sur l’avenir du couple politique Diomaye-Sonko est particulièrement intense.
Elle pose, au-delà de la formule choc du journaliste, une question sur la stratégie du chef de l’État : Bassirou Diomaye Faye cherchera-t-il à contenir l’influence politique d’Ousmane Sonko ou privilégiera-t-il une coexistence institutionnelle malgré leur rupture ?
Pour l’heure, les éléments publics permettent seulement de constater que la séparation est assumée par le président et que les divergences entre les deux hommes sont devenues profondes. Les propos de Madiambal Diagne constituent une interprétation de cette situation, et non l’annonce d’une offensive présidentielle contre Ousmane Sonko.
Une chose est cependant certaine : après des années de compagnonnage politique et une victoire commune en 2024, le rapport entre les deux hommes est entré dans une nouvelle phase. Et les prochains choix institutionnels et politiques de chacun pourraient peser durablement sur la recomposition de la scène politique sénégalaise.
Sunuker News Desk
















































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