Le Sénégal subit un nouveau revers sur les marchés financiers internationaux. L’agence de notation Moody’s a abaissé, jeudi 29 octobre 2026, la note souveraine du pays en devises étrangères de Caa2 à Ca. Il s’agit de la cinquième dégradation consécutive, sur fond de difficultés liées à l’endettement public et de préparation d’une restructuration de la dette.
La situation financière du Sénégal continue de susciter des inquiétudes auprès des agences internationales de notation. Dans une nouvelle évaluation publiée jeudi, Moody’s a décidé de revoir à la baisse la notation des engagements souverains du pays libellés en devises étrangères.
Les notes de l’émetteur à long terme et de la dette senior non garantie passent ainsi de Caa2 à Ca. Parallèlement, la perspective associée à ces notations a été révisée de négative à stable.
Selon Reuters, cette décision constitue la cinquième dégradation consécutive de la signature financière sénégalaise. Elle traduit notamment les anticipations de Moody’s concernant les pertes potentiellement plus importantes que pourraient subir les créanciers privés étrangers dans le cadre de la restructuration envisagée par Dakar.
La restructuration de la dette au cœur des inquiétudes
Cette nouvelle sanction intervient dans un contexte économique particulièrement délicat. En septembre dernier, les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette dans le cadre du Cadre commun du G20.
Cette démarche fait suite à la découverte d’engagements financiers qui n’avaient pas été correctement déclarés auparavant. Leur prise en compte a considérablement aggravé l’évaluation de l’endettement public, désormais estimé à environ 97 % du produit intérieur brut (PIB), selon les éléments rapportés par Reuters.
Le gouvernement cherche ainsi à réorganiser ses engagements financiers afin de rétablir la soutenabilité de la dette, tout en préservant l’accès du pays aux marchés financiers régionaux.
Les discussions se poursuivent avec les créanciers et le Fonds monétaire international (FMI). Le processus vise notamment à définir les conditions d’un réaménagement de la dette compatible avec les capacités financières du Sénégal.
Le FMI et l’UEMOA, deux enjeux majeurs
Malgré cette nouvelle dégradation, des discussions avec le FMI ont permis d’enregistrer une avancée. Le 1er septembre 2026, les services de l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises ont conclu un accord au niveau des services portant sur un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans.
Cet accord reste toutefois soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI et à certaines conditions, notamment des mesures correctives et l’obtention de garanties de financement auprès des partenaires du Sénégal.
De son côté, Moody’s a choisi de ramener la perspective de négative à stable. L’agence estime que les risques sont désormais partagés entre les éventuels retards du processus de restructuration et les avantages liés à l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
L’intégration monétaire régionale contribue notamment à limiter les risques de change et de déséquilibre de la balance des paiements. Elle permet également au Sénégal de conserver un accès aux mécanismes de financement régionaux.
Cette nouvelle dégradation constitue néanmoins un signal préoccupant pour les finances publiques sénégalaises. Elle intervient alors que le pays doit convaincre ses partenaires financiers de sa capacité à rétablir durablement l’équilibre budgétaire et à honorer ses engagements.
La Rédaction – Sunuker.net



















































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