Dakar : filmés à leur insu puis victimes de chantage, un homme risque 15 ans de réclusion
Une affaire de chantage aux images intimes était au cœur des débats, mardi 18 août 2026, devant la chambre criminelle de Dakar. Baye Alé Laye, âgé d’une trentaine d’années, comparaissait pour plusieurs chefs d’accusation, dont la collecte illicite de données à caractère personnel, la détention d’images contraires aux bonnes mœurs, le viol, le vol de téléphones portables et la tentative d’extorsion de fonds.
Les faits remontent à 2022 et ont conduit l’accusé en détention depuis cette période. À l’issue de son procès, le parquet a requis contre lui 15 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu le 8 septembre 2026.
Selon les éléments présentés à l’audience, Baye Alé Laye connaissait depuis longtemps Aliou Diallo, qui avait l’habitude de lui demander les clés d’une chambre située à Cambérène afin d’y retrouver sa petite amie, Khady Bécaye Ndiaye.
En 2022, une nouvelle demande aurait toutefois fait basculer leur relation. Aliou Diallo aurait sollicité son ami pour pouvoir accueillir sa compagne dans la chambre. Baye Alé Laye lui aurait remis les clés contre la somme de 5 000 francs CFA, avant de se rendre lui-même sur place.
C’est à ce moment que la situation aurait dégénéré. D’après les accusations examinées par la justice, l’homme aurait surpris le couple dans la chambre, les aurait contraints à se dévêtir et aurait enregistré des images à leur insu.
Des images utilisées pour faire pression sur les victimes
L’accusation soutient ensuite que Baye Alé Laye aurait récupéré le téléphone d’Aliou Diallo avant de le faire sortir de la pièce. Khady Bécaye Ndiaye serait alors restée seule avec lui.
Les faits qui lui sont reprochés ne se seraient pas limités à la captation des images. Selon le dossier présenté devant la chambre criminelle, l’accusé aurait utilisé les enregistrements pour exercer des pressions sur les deux victimes.
À l’encontre de Khady Bécaye Ndiaye, il aurait exigé des rapports sexuels en menaçant de diffuser les images. Quant à Aliou Diallo, il lui aurait réclamé 150 000 francs CFA en échange de la non-publication des vidéos.
L’arrestation serait intervenue après qu’un rendez-vous a été organisé pour permettre aux enquêteurs de prendre l’accusé en flagrant délit lors de la remise des fonds.
Au cours de l’enquête, Baye Alé Laye aurait reconnu avoir filmé le couple ainsi que les faits de violence sexuelle qui lui étaient reprochés. Khady Bécaye Ndiaye aurait, de son côté, confirmé les accusations portées contre lui.
Le parquet réclame 15 ans de réclusion
Devant la chambre criminelle, l’accusé a de nouveau reconnu avoir réalisé les enregistrements, expliquant son geste par des difficultés financières. Aliou Diallo, présent à l’audience, a relaté les circonstances des faits avant de renoncer à sa constitution de partie civile.
La défense a cependant contesté la gravité présentée par l’accusation. Me Baba Diop, avocat de Baye Alé Laye, a notamment estimé que certains éléments avaient été « exagérés ». Il a également insisté sur les relations préexistantes entre les différentes parties, soutenant que les faits ne relevaient pas d’une préméditation.
L’avocat a finalement plaidé l’acquittement au bénéfice du doute.
Le parquet, pour sa part, a maintenu une position beaucoup plus sévère et requis 15 années de réclusion criminelle contre l’accusé.
La chambre criminelle rendra sa décision le 8 septembre 2026. D’ici là, Baye Alé Laye demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Cette affaire illustre également les risques liés à l’utilisation malveillante d’images intimes obtenues sans consentement, notamment lorsque celles-ci servent ensuite de moyen de pression ou de chantage.
Sunuker News Desk

















































Laisser une réponse
View Comments