Face à l’expansion des menaces terroristes et transfrontalières, la gestion exclusive de la sécurité par les seuls gouvernements est de plus en plus contestée. Réunis à Dakar, les parlementaires de la CEDEAO plaident pour une harmonisation des mécanismes de contrôle législatif afin de garantir une gouvernance transparente et démocratique des forces de défense.
Sortir du « tout-militaire » et impliquer les élus du peuple
La capitale sénégalaise s’est transformée, ces mercredi et jeudi, en centre de réflexion sur la Réforme et la gouvernance du secteur de la sécurité (RGSS) dans l’espace communautaire. Co-organisé avec le Parlement de la CEDEAO, l’Union européenne et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), cet atelier sous-régional pose un constat majeur : la sécurité est une affaire trop sérieuse pour être abandonnée aux seuls experts militaires et aux pouvoirs exécutifs.
Président de la Commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Ibou Guèye a profité de la tribune pour exiger une mutualisation des pratiques parlementaires. Selon lui, la nature transnationale des périls actuels (djihadisme, trafics transfrontaliers, criminalité organisée) impose que les parlements ouest-africains n’évoluent plus en rangs dispersés, mais adoptent des standards de contrôle harmonisés.
Les risques d’une opacité budgétaire et démocratique
Les documents de cadrage de cet atelier mettent en lumière un écueil persistant en Afrique de l’Ouest : la tendance des États à militariser outrancièrement leurs réponses face aux crises, au détriment d’une approche globale incluant le développement et les droits humains.
En l’absence d’un suivi législatif rigoureux, les experts redoutent :
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Une concentration excessive des pouvoirs sécuritaires entre les mains des présidences ;
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Une opacité totale autour des lignes budgétaires dédiées à l’achat d’armements ;
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Un fossé grandissant entre les stratégies militaires décidées au sommet et les besoins réels de protection des populations à la base.
Traduire les textes de l’Union africaine dans les lois nationales
Si la CEDEAO et l’Union africaine disposent déjà de cadres politiques et de notes d’orientation stratégiques très clairs sur la réforme de la sécurité, leur application concrète reste le maillon faible. L’enjeu de la rencontre de Dakar est précisément de donner aux députés les outils techniques nécessaires pour transposer ces directives régionales dans leurs corpus juridiques nationaux.
L’ambition finale est de muscler le pouvoir d’évaluation des commissions de défense nationales. Cela leur permettra d’auditionner efficacement les responsables militaires, de passer au crible les dépenses de défense et de veiller à ce que les institutions sécuritaires regagnent en légitimité auprès des citoyens pour assurer une stabilité durable dans la sous-région.
La Rédaction
















































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