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Crise de l’électricité : Abdourahmane Diouf explique les 18 jours de perturbations et annonce un tournant énergétique

Crise de l’électricité : Abdourahmane Diouf explique les 18 jours de perturbations et annonce un tournant énergétique

Crise de l’électricité : Abdourahmane Diouf explique les 18 jours de perturbations et annonce un tournant énergétique

Le mois de septembre 2026 aura été particulièrement difficile pour les usagers de l’électricité au Sénégal. Pendant 18 jours, le réseau a été marqué par d’importantes perturbations. Face aux interrogations suscitées par cette situation, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a livré ce jeudi des explications sur les causes de la crise et présenté les mesures engagées par l’État pour y remédier.

C’est au Musée des civilisations noires que le ministre s’est exprimé, lors d’un petit-déjeuner de presse consacré aux questions énergétiques. Selon Abdourahmane Diouf, les difficultés enregistrées en septembre ne peuvent être attribuées à une seule cause. Elles résultent d’un ensemble de facteurs à la fois conjoncturels et structurels.

« Nous avons eu des problèmes conjoncturels et des problèmes structurels qui ont été à l’origine de la crise que nous avons vécue pendant 18 jours durant ce mois de septembre 2026 », a expliqué le ministre.

Parmi les difficultés immédiates, il cite notamment les pannes affectant certains équipements de production. Mais, au-delà de ces incidents techniques, Abdourahmane Diouf met en avant un problème plus profond : le retard pris dans la réalisation de certaines infrastructures destinées à accompagner la transition du Sénégal vers une production énergétique davantage basée sur le gaz.

Cette situation contraint encore la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) à utiliser massivement le gazole pour assurer la production. Or, cette source d’énergie représente un coût plus élevé que le gaz qui doit progressivement prendre le relais.

« Aujourd’hui, la Senelec dépense beaucoup d’argent en achetant du gazole, qui est plus cher que le gaz attendu, parce que les infrastructures qu’on avait planifiées […] ne sont pas encore disponibles », a souligné le ministre.

Pour Abdourahmane Diouf, le Sénégal traverse ainsi une période de transition entre deux systèmes énergétiques. Le premier, encore largement opérationnel, repose sur des solutions qui ont montré leurs limites, tandis que le second doit s’appuyer sur de nouvelles infrastructures et sur une meilleure intégration du gaz dans le système de production.

« Nous fonctionnons suivant l’ancien système, et le gap entre ce monde ancien-là et le monde nouveau fait que nous avons quelques problèmes de production d’énergie et de distribution de l’électricité », a-t-il déclaré.

Le gouvernement mise toutefois sur plusieurs projets pour sortir progressivement de cette situation. Le ministre a notamment évoqué la centrale de Kahone, dont la mise en service est attendue au début de l’année 2027. Il a également annoncé l’arrivée prochaine de West African Energy, avec une mise en service prévue, selon le calendrier présenté, entre octobre et novembre.

Ces infrastructures doivent contribuer à renforcer les capacités de production et à réduire progressivement la dépendance aux combustibles plus coûteux. Elles s’inscrivent dans la stratégie de transformation du système énergétique sénégalais, alors que le pays cherche parallèlement à développer ses ressources gazières et à mieux les intégrer dans son mix énergétique.

Pour le ministre, les difficultés actuelles doivent donc être replacées dans cette phase de transition. Il assure que plusieurs chantiers sont désormais accélérés afin de produire des résultats durables.

« Il y a un ensemble de chantiers qui vont donner des résultats très structurels qui nous permettront […] à moyen terme, de régler définitivement le problème de l’électricité », a assuré Abdourahmane Diouf.

Le ministre a également appelé les consommateurs à faire preuve de patience, tout en promettant de renforcer la communication autour du fonctionnement du système électrique. Il souhaite notamment davantage expliquer aux Sénégalais les mécanismes liés à Woyofal, au dispatching et à la gestion globale du réseau.

Cette volonté de pédagogie intervient alors que les perturbations du mois de septembre ont ravivé les interrogations sur la fiabilité du réseau, le coût de la production et la capacité de Senelec à répondre à une demande électrique en progression.

Abdourahmane Diouf veut néanmoins inscrire la situation actuelle dans une perspective de transformation plus large. « Nous sommes en train de quitter un monde ancien fait de difficultés, d’imprécisions, pour entrer dans un monde nouveau », a-t-il conclu.

Reste désormais à mesurer, dans les prochains mois, l’impact concret de la mise en service des nouvelles capacités annoncées sur la stabilité du réseau et sur le coût de l’électricité pour les ménages et les entreprises.

Sunuker News Desk