L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, s’affirme de plus en plus comme un prétendant de poids pour succéder à António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU) en janvier 2027. Portée en mars 2026 par le Burundi au nom de l’Union africaine, cette candidature de tout un continent bénéficie par ailleurs du soutien officiel de l’actuel chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. À l’aune des mécanismes de sélection onusiens, les voyants semblent au vert pour le candidat sénégalais.
Le « vote indicatif » : un simple baromètre diplomatique
Dans une récente grille de lecture, le consultant international Souleymane Ndiaye s’est penché sur les rouages de la désignation du futur Secrétaire général, en particulier l’étape du vote indicatif (ou straw poll). L’expert rappelle qu’il ne faut pas s’y méprendre : cette phase n’est pas une élection définitive. Il s’agit d’une simple consultation interne permettant d’évaluer les rapports de force. Le principe est simple : chacun des quinze membres du Conseil de sécurité attribue à chaque postulant la mention « encourage », « décourage » ou « sans opinion ».
L’atout maître de Macky Sall : contourner le veto des puissances mondiales
Cependant, selon l’analyste, la véritable bataille se joue ailleurs. L’enjeu crucial des straw polls est d’identifier les éventuels vetos des cinq membres permanents (le fameux « P5 » composé des États-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France et du Royaume-Uni). Historiquement, un candidat peut être désigné même s’il ne caracole pas en tête des votes indicatifs, à l’unique condition de n’essuyer aucun veto.
C’est précisément ce qui nourrit l’optimisme du camp sénégalais. Les informations actuelles indiquent que Macky Sall ne suscite l’hostilité d’aucune de ces cinq grandes puissances. Le consultant affirme d’ailleurs que l’ancien chef d’État possède ce rare « ticket d’entrée » diplomatique capable de faire consensus entre des nations aux intérêts souvent opposés.
Une vision internationale qui séduit face à une rude concurrence
Outre son habileté à naviguer entre les grandes puissances, le candidat sénégalais s’appuie sur une solide expérience étatique forgée durant ses douze ans de présidence, ainsi que sur son récent passage remarqué à la tête de l’Union africaine. Cet argumentaire a été mis à l’épreuve lors de sa grande audition de 90 minutes devant l’Assemblée générale de l’ONU fin juillet 2026. Face à des concurrents de taille, à l’image de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet ou de l’Argentin Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, Macky Sall a défendu une ONU plus transparente et réformée.
Son plaidoyer embrasse les grandes urgences de notre époque : réforme du multilatéralisme et de l’architecture du développement, résolution des conflits, encadrement de l’intelligence artificielle et lutte contre le changement climatique. Bien qu’il doive composer avec l’opposition d’un collectif de victimes de son régime sur le plan national, l’épaisseur de son carnet d’adresses international reste son meilleur bouclier. Pour les semaines à venir, le défi de Macky Sall sera de consolider ce précieux équilibre diplomatique afin de transformer l’essai lors de la recommandation officielle.
La Rédaction / sunuker.com
















































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