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Conflit agro-pastoral à Nioro : Deux vaches empoisonnées à Samba Ndouckou, le cri du cœur de l’éleveur Bidji Ba

La tension monte d’un cran dans le département de Nioro du Rip à l’approche de la saison des pluies. Un nouveau drame survenu à Samba Ndouckou vient tristement illustrer la fragilité de la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs dans la région du Saloum. Vendredi 3 juillet 2026, aux alentours de 14 heures, deux vaches appartenant à l’éleveur Bidji Ba ont succombé à un empoisonnement rapide après s’être introduites dans une parcelle agricole à Prokhane Toucoulor.

L’incident s’est produit alors que le berger du troupeau s’était brièvement absenté pour sa pause déjeuner. En plus de la perte financière sèche, les deux bêtes laissent derrière elles des veaux de lait non sevrés, dont la survie est aujourd’hui fortement compromise.

Des preuves visuelles plutôt qu’une autopsie

Informé de la situation, un médecin vétérinaire s’est rapidement dépêché sur les lieux afin de procéder aux premières constatations d’usage. Bien qu’une autopsie par ouverture de la panse ait été préconisée pour identifier formellement l’agent toxique ingéré, le propriétaire du bétail a décliné l’opération. Bidji Ba a estimé que les enregistrements vidéos et les clichés photographiques réalisés immédiatement après la découverte des carcasses constituaient des pièces à conviction amplement suffisantes pour l’enquête administrative en cours.

Un vide juridique dénoncé à Nioro du Rip

Au-delà de la perte de ses bêtes, Bidji Ba pointe directement du doigt la responsabilité des autorités administratives locales. L’éleveur déplore avec véhémence le retard pris dans la publication de l’arrêté préfectoral annuel réglementant habituellement la transhumance et la circulation du bétail en période d’hivernage.

Au Sénégal, ce texte réglementaire s’avère crucial : il fixe le calendrier de mise en défens des terres, détermine les horaires d’accès aux pâturages et liste les sanctions applicables. Son absence actuelle à Nioro du Rip installe un vide juridique dangereux où les agriculteurs tentent de sécuriser leurs jeunes pousses d’arachide par leurs propres moyens, parfois au détriment de la vie du cheptel.

Le Saloum face au spectre des représailles

Cette cohabitation devient historiquement explosive dès les premières pluies. Alors que le fourrage naturel se fait encore rare, les paysans ont déjà effectué leurs semis, rendant les champs extrêmement vulnérables au passage des troupeaux non surveillés. Faute de pistes de transhumance clairement balisées et d’une concertation préalable entre les mairies, les commissions foncières et les services de l’élevage, chaque hivernage vire au bras de fer.

Face à l’urgence, Bidji Ba exhorte l’État à mener un inventaire global de la situation avant que la colère ne dégénère en affrontements communautaires. Il réclame trois actions immédiates :

  • La promulgation sans délai de l’arrêté préfectoral sur la transhumance.

  • La matérialisation et la sécurisation des couloirs de passage traditionnels du bétail.

  • Une délimitation concertée des zones pastorales et agricoles.

La rédaction de Sunuker.net rappelle que l’empoisonnement d’animaux reste un délit lourdement réprimé par le Code pénal sénégalais, tandis que la gestion de l’espace rural demeure encadrée par la loi sur le Domaine national et le code de l’élevage. Notre équipe reste en contact étroit avec la préfecture de Nioro du Rip pour suivre l’évolution de ce dossier.

La Rédaction : sunuker.net