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Afrique du Sud : la peur gagne les migrants africains, l’ultimatum de groupes anti-immigration provoque un exode massif

Afrique du Sud : la peur gagne les migrants africains, l’ultimatum de groupes anti-immigration provoque un exode massif

Afrique du Sud : la peur gagne les migrants africains, l’ultimatum de groupes anti-immigration provoque un exode massif

L’Afrique du Sud traverse une nouvelle crise migratoire marquée par une montée des tensions xénophobes qui pousse des milliers de ressortissants africains à quitter précipitamment le pays. À l’approche de l’échéance du 30 juin fixée par plusieurs mouvements anti-immigration, des scènes inédites se déroulent dans les grandes villes sud-africaines, où des familles entières se pressent dans les gares routières et les centres d’accueil dans l’espoir de regagner leur pays d’origine avant que la situation ne dégénère davantage.

À Johannesburg, Durban, Le Cap et dans plusieurs autres agglomérations, des centaines de migrants attendent parfois plusieurs jours avant de pouvoir embarquer dans des autobus affrétés vers le Zimbabwe, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, le Ghana ou encore le Kenya. Beaucoup abandonnent derrière eux leur emploi, leurs biens et parfois même une partie de leur famille, préférant l’exil au risque de subir des violences.

Selon plusieurs médias internationaux et des organisations humanitaires, cette nouvelle vague de départs est alimentée par les appels lancés par le mouvement March and March et d’autres groupes hostiles à l’immigration clandestine, qui réclament le départ des étrangers en situation irrégulière et menacent d’organiser des manifestations nationales. Bien que cet ultimatum n’ait aucune valeur juridique et ne soit pas soutenu par le gouvernement sud-africain, il a provoqué un climat de peur généralisée qui touche également de nombreux migrants en situation régulière.

Dans les gares routières, les témoignages sont bouleversants. Plusieurs parents racontent quitter leurs enfants ou leur conjoint sud-africain afin d’échapper aux violences. D’autres espèrent simplement attendre que les tensions retombent avant d’envisager un éventuel retour.

Cette nouvelle crise rappelle les violentes flambées xénophobes qui ont secoué l’Afrique du Sud en 2008, 2015, 2019 et 2021, causant des dizaines de morts, des milliers de déplacés et la destruction de nombreux commerces appartenant à des étrangers. Depuis plusieurs semaines, plusieurs incidents impliquant des migrants africains ont été signalés dans différentes provinces, alimentant les inquiétudes des organisations de défense des droits humains.

Les autorités sud-africaines tentent de contenir la situation. Le président Cyril Ramaphosa a condamné publiquement toute forme de violence xénophobe, rappelant que seuls les services compétents de l’État sont habilités à appliquer les lois sur l’immigration. Il a également appelé les citoyens à ne pas se substituer aux forces de l’ordre et a promis un important dispositif sécuritaire pour prévenir tout débordement.

Cependant, plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Malawi, du Mozambique, du Ghana et du Nigeria, ont déjà lancé des opérations de rapatriement volontaire afin d’assister leurs ressortissants. Des organisations humanitaires distribuent nourriture, vêtements et assistance médicale aux milliers de personnes regroupées dans des camps temporaires en attendant leur départ.

Au-delà de la crise sécuritaire, cette situation met en lumière les profondes difficultés économiques auxquelles fait face l’Afrique du Sud. Le pays connaît un chômage parmi les plus élevés au monde, une croissance économique fragile et de fortes inégalités sociales. Dans ce contexte, les migrants sont souvent accusés, à tort selon plusieurs études économiques, de prendre les emplois des Sud-Africains ou d’être responsables de l’insécurité et de la saturation des services publics. Des analyses rappellent pourtant que les étrangers représentent une faible proportion de la population et contribuent également à l’économie nationale par leur travail, leur consommation et leurs activités entrepreneuriales.

Les Nations unies, Human Rights Watch ainsi que plusieurs organisations de la société civile ont exprimé leur vive préoccupation face à cette recrudescence des violences et exhortent les autorités à garantir la sécurité de tous les résidents, sans distinction de nationalité ou de statut migratoire. Ils appellent également à une lutte résolue contre les discours de haine et les actes de justice populaire qui menacent la stabilité sociale du pays.

Alors que l’ultimatum arrive à son terme, l’Afrique du Sud retient son souffle. Beaucoup redoutent que cette nouvelle vague de tensions ne ravive les blessures d’un passé marqué par les violences xénophobes, tandis que des milliers de familles africaines continuent de vivre dans l’incertitude, entre peur, déracinement et espoir de jours meilleurs.

Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk