Affaire du terrain de Ngaparou : Aziz Ndiaye et Awa Baldé s’opposent devant le tribunal, verdict attendu en septembre
Le tribunal correctionnel de Dakar a examiné ce jeudi le dossier opposant l’homme d’affaires Aziz Ndiaye à Awa Baldé dans une affaire portant sur la vente contestée d’un terrain de plus de 7 000 m² situé à Ngaparou, sur la Petite-Côte. Au terme de plusieurs heures de débats, les deux parties ont présenté des versions totalement divergentes des faits, laissant au tribunal le soin de trancher ce litige dont le jugement est attendu le 23 septembre prochain.
Au cœur du dossier figure un désaccord fondamental sur le montant réel de la transaction. À la barre, Awa Baldé a soutenu que la vente s’inscrivait dans un accord global d’une valeur supérieure à 125 millions de FCFA, comprenant notamment la remise d’une villa clé en main. Selon ses déclarations, il lui aurait été demandé de faire apparaître sur les documents officiels un montant de 50 millions de FCFA afin de réduire les frais liés à la mutation foncière.
La plaignante affirme n’avoir finalement perçu qu’une partie des sommes promises, estimée à environ 37 millions de FCFA, sans jamais recevoir la villa qui lui aurait été proposée. Se disant victime d’une manœuvre frauduleuse, elle a décidé de porter l’affaire devant la justice après le classement sans suite de son dossier à l’issue d’une précédente enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC) et examinée par le Pool judiciaire financier.
Face au tribunal, Aziz Ndiaye a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui. L’administrateur de la société Aziz Business Company (ABC) a affirmé que le prix de vente convenu entre les parties était exclusivement fixé à 50 millions de FCFA, somme qu’il assure avoir intégralement versée.
Selon sa version, Awa Baldé était venue elle-même lui proposer l’acquisition du terrain. Il a également expliqué que le bien appartenait juridiquement à l’ancien époux de cette dernière et qu’elle agissait dans le cadre d’une procuration régulière lui permettant d’effectuer la vente.
L’homme d’affaires soutient n’avoir jamais été question d’un accord portant sur 125 millions de FCFA ni de la remise d’une villa. Il affirme avoir découvert ces allégations uniquement après l’ouverture de la procédure judiciaire engagée contre lui.
Au cours des audiences, Awa Baldé a expliqué avoir accepté la transaction en raison de la relation de confiance qu’elle entretenait avec Aziz Ndiaye, qu’elle présente comme une personne proche de sa famille. Elle affirme avoir été confrontée à des difficultés personnelles et familiales, notamment liées à l’état de santé de sa mère, ce qui l’aurait amenée à vendre rapidement son bien.
Ses conseils estiment que cette relation de confiance aurait été exploitée à son détriment. Ils ont demandé au tribunal d’ordonner une expertise immobilière afin d’évaluer la valeur réelle du terrain au moment de la vente en 2018, estimant que cette mesure permettrait d’éclairer davantage les circonstances de la transaction. Ils réclament également la condamnation du prévenu ainsi que l’allocation de 200 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.
De son côté, la défense d’Aziz Ndiaye considère que le dossier relève exclusivement d’un différend contractuel de nature civile et non d’une infraction pénale. Les avocats ont produit plusieurs documents, notamment des actes de vente et des décharges signés, qu’ils présentent comme la preuve que la transaction s’est déroulée dans le respect des engagements convenus entre les parties.
Ils ont également soulevé la question de la prescription des faits, rappelant que la vente remonte à 2018 alors que la procédure judiciaire n’a été engagée que plusieurs années plus tard. Selon eux, aucun élément du dossier ne permet d’établir l’existence de manœuvres frauduleuses constitutives du délit d’escroquerie.
Estimant que leur client est poursuivi à tort, les avocats de la défense ont sollicité sa relaxe pure et simple. Ils ont en outre demandé la condamnation de la partie civile pour constitution abusive de partie civile ainsi que le versement de 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.
Après avoir entendu les arguments des différentes parties, le tribunal correctionnel de Dakar a mis l’affaire en délibéré. La décision, très attendue compte tenu de la notoriété des protagonistes et des enjeux financiers du dossier, sera rendue le 23 septembre 2026.
En attendant ce verdict, les accusations formulées par chacune des parties demeurent soumises à l’appréciation souveraine de la justice, dans le strict respect du principe de la présomption d’innocence.
Sunuker News Desk












































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