Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a vibré, samedi, sous les pas de centaines de visiteurs venus célébrer les figures féminines emblématiques de l’Afrique et de la diaspora lors de l’exposition « TAXAAWU JIGEENU AFRIKA ». Une immersion dans l’héritage puissant des femmes noires, trop souvent invisibilisées, mais dont les contributions en science, en politique et dans les arts ont façonné l’histoire.
Un sanctuaire dédié aux héroïnes
A l’entrée, les visiteurs sont accueillis par les regards inspirants de Awa Séni Camara, potière renommée, et de Shirly Jhonson, présidente charismatique, dont les portraits photographiques ouvrent le parcours. La salle du deuxième étage du MCN se transforme en un temple de la mémoire, où sculptures, masques traditionnels et toiles de maîtres à l’image de Soly Cissé ou Khalidou Kassé dialoguent avec les récits de ces femmes d’exception.
Parmi les visiteurs, des élèves, des familles et des touristes, tous émerveillés. « Nous découvrons des visages et des noms que l’histoire a ignorés. Ces femmes ont pourtant été des pionnières ! », s’exclame un étudiant, fasciné par les panneaux retraçant le parcours de scientifiques comme le Dr. Wangari Maathai (Kenyanne, Prix Nobel de la paix 2004) ou de politiciennes telles que Angela Davis, militante, féministe et pacifiste.
Abdallah Ly : “Donner aux femmes leur place”
Le directeur général du MCN, Mouhamed Abdallah Ly, a insisté sur la mission du musée : « Le MCN n’est plus un lieu élitiste. Il se veut inclusif, accessible à tous, pour sanctifier le rôle de ces femmes. Elles ne doivent pas tomber dans l’oubli. » Une ambition concrétisée par des tarifs adaptés (500 FCFA pour les étudiants) et des visites guidées enrichies d’anecdotes historiques.
En marge de l’exposition, la ministre congolaise de la Culture, accompagnée d’une délégation, a marqué son passage par un message dans le livre d’or, saluant « cette initiative panafricaine ». La projection du film « Les Femmes de l’Indépendance » de Diabou Bessane a précédé le vernissage, rappelant combien les luttes féminines ont été déterminantes dans les libérations africaines.
LAMINE DIEDHIOU