CONAKRY — Après son départ du gouvernement sénégalais, Mabouba Diagne poursuit son engagement dans le secteur de l’élevage, cette fois en Guinée. L’ancien ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage s’investit dans un projet visant à moderniser le cheptel bovin guinéen grâce à l’introduction de races améliorées en provenance du Brésil.
Au cœur de cette initiative figure un premier contingent de 2 500 bovins brésiliens, dont l’importation doit contribuer à améliorer les performances du cheptel national. Le programme prévoit, à terme, l’introduction de 5 000 animaux dans le cadre du Programme national d’amélioration génétique bovine 2026-2035.
Dans ce projet, Mabouba Diagne intervient principalement sur la recherche et la structuration du financement nécessaire à l’opération. Il s’agit notamment de mettre en place des mécanismes financiers adaptés, dont le recours aux lettres de crédit, afin de faciliter les transactions avec les exportateurs brésiliens et de permettre la concrétisation du premier achat.
L’ancien ministre sénégalais a été reçu lundi par Alpha Bacar Barry, ministre guinéen de l’Élevage. La rencontre s’est déroulée en présence de deux exportateurs brésiliens ainsi que de l’ambassadeur du Brésil en Guinée, Antonio Carlos de Salles Menezes. Les discussions ont porté sur les conditions de mise en œuvre du projet et sur les différentes formes de coopération pouvant accompagner l’opération.
Pour les promoteurs du programme, l’objectif n’est pas simplement de faire venir des animaux de race améliorée. L’ambition est de construire progressivement une filière bovine plus performante, capable de répondre aux besoins du marché guinéen en viande et en lait.
L’amélioration génétique doit ainsi être accompagnée par des investissements dans l’alimentation animale, la santé vétérinaire, la formation des éleveurs, les infrastructures et les capacités de transformation.
Mabouba Diagne insiste notamment sur la nécessité de développer une production locale destinée à l’alimentation du bétail. Le développement du maïs, du sorgho et d’autres cultures fourragères permettrait de réduire la dépendance à l’égard des aliments importés et de garantir de meilleures conditions d’élevage aux animaux introduits.
Cette approche vise également à assurer la durabilité du programme. L’introduction de bovins à haut potentiel génétique ne pourrait produire les résultats escomptés sans une alimentation adaptée, un suivi vétérinaire régulier et un encadrement technique des éleveurs.
Le choix du Brésil repose notamment sur l’expérience de ce pays dans l’élevage bovin et l’amélioration génétique. Les partenaires brésiliens mettent en avant des races adaptées aux environnements chauds ainsi que la possibilité d’accompagner leur introduction par un transfert de savoir-faire.
La coopération envisagée ne devrait donc pas se limiter à l’exportation de bovins. Elle pourrait également englober l’accompagnement technique, la formation et la diffusion de méthodes modernes de sélection et de reproduction.
Pour la Guinée, cette dimension est essentielle : l’objectif à terme est de permettre aux éleveurs locaux de bénéficier durablement de la génétique améliorée et d’accroître progressivement la productivité du cheptel national.
Cette nouvelle mission permet à Mabouba Diagne de prolonger son expérience dans un secteur qu’il a déjà eu à piloter au Sénégal. Durant son passage au gouvernement sénégalais, il avait notamment défendu des initiatives visant à renforcer la productivité de l’élevage et à développer des partenariats internationaux.
Son implication dans le projet guinéen marque ainsi une nouvelle étape de son parcours, désormais orienté vers l’accompagnement de projets agricoles et d’élevage à dimension internationale.
Pour Conakry, le défi consiste maintenant à transformer les annonces et les discussions en résultats concrets. La réussite de l’opération dépendra notamment de la mobilisation du financement, de la conclusion des accords avec les partenaires brésiliens et de la mise en place des infrastructures nécessaires à l’accueil et au suivi des animaux.
Si le premier lot de 2 500 bovins est effectivement acheminé en Guinée, il constituera une première étape vers l’objectif de 5 000 animaux prévu par le programme national d’amélioration génétique.
À travers cette initiative, les autorités guinéennes ambitionnent surtout de faire de l’élevage un secteur plus productif et mieux structuré, capable de contribuer davantage à la sécurité alimentaire et à l’économie nationale.
Sunuker News Desk
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