Des heures passées sur un banc avant une consultation, un rendez-vous obtenu plusieurs jours plus tard : dans les structures sanitaires, l’attente fait partie du quotidien de nombreux patients. L’annonce, le 11 mars dernier, du recrutement de 2 500 agents de santé par le gouvernement suscite donc des attentes, mais aussi des réserves. Car au-delà des chiffres, le déficit de personnel, sa répartition et les conditions de travail restent au cœur des préoccupations.
« Le manque de personnel se ressent directement dans le parcours du patient. » Pour le Dr Cheikh Tidiane Athie, directeur exécutif de l’ONG ACDEV Sénégal, la question ne se limite pas aux seuls effectifs.
Dans certaines zones du pays, explique-t-il, des patients parcourent entre 15 et 30 kilomètres pour une simple consultation. Une fois dans la structure, l’attente peut encore se prolonger, notamment dans les services fortement sollicités comme les urgences, la pédiatrie ou les consultations prénatales.
Le Dr Athie estime que les 2 500 recrutements peuvent renforcer les structures les plus fragiles, à condition que les agents soient affectés là où les besoins sont les plus importants. « L’impact dépendra moins du nombre que de l’endroit où ces 2 500 personnes seront affectées », souligne-t-il.
Un déficit évalué à 18 000 agents
Pour le Dr Mballo Dia Thiam, secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS), les 2 500 postes annoncés doivent être mis en perspective avec les besoins réels du secteur.
Selon lui, les documents de planification font état d’un déficit de 18 000 agents. À cela s’ajoutent la croissance démographique, l’ouverture de nouvelles structures et la situation précaire des agents contractuels.
Dans les établissements, cette situation se traduit notamment par des équipes réduites et une charge de travail écrasante. Pour les patients, cela se traduit par des délais de rendez-vous plus longs et une prise en charge ralentie. Le SUTSAS estime ainsi que les recrutements annoncés restent largement en deçà des besoins.
Où seront affectés les 2 500 agents ?
Au-delà du nombre, leur répartition constituera donc un élément déterminant. Renforcer une maternité, un service de garde ou un centre de santé en manque d’effectifs peut avoir un effet bénéfique direct sur les patients.
Mais les recrutements ne suffiront pas à eux seuls. La disponibilité du matériel, des médicaments et des intrants, ainsi que les conditions de travail, conditionnent également le bon fonctionnement des structures sanitaires.
Le collectif « Patients en danger » salue l’annonce des recrutements et appelle à leur mise en œuvre effective. Pour ses responsables, l’enjeu sera surtout de voir ces agents répondre aux besoins prioritaires des structures et améliorer concrètement la prise en charge des usagers.
Une mise en œuvre attendue
Notre équipe a tenté de joindre le directeur des Ressources humaines du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour connaître le calendrier du recrutement, la répartition des agents et l’impact attendu sur les délais de prise en charge. Nos tentatives sont restées sans réponse.
Sur le terrain, l’effet de cette mesure pourra notamment être observé à travers la réduction des délais de consultation, la disponibilité effective du personnel et l’amélioration de l’accès aux soins dans les différentes régions.













































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