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Syrie : l’ex-grand mufti d’Assad condamné à la perpétuité, la justice rattrape une figure clé de l’ancien régime

Le tribunal de Damas a condamné, lundi 24 août 2026, l’ancien grand mufti du régime Assad, Ahmed Badreddine Hassoun, à la prison à vie pour incitation à la haine confessionnelle et abus de fonction. Présent pour entendre sa condamnation, le responsable religieux avait été arrêté à l'aéroport en mars 2025, alors qu'il cherchait à quitter le pays. Accueil Accueil Envoyer à un ami Envoyer à un ami Version imprimable Version imprimable Partager Partager Syrie: l'ancien grand mufti Ahmed Badreddine Hassoun, proche de Bachar el-Assad, condamné à la prison à perpétuité Partager C'est une figure centrale de l'appareil idéologique et de la répression du régime déchu qui vient d'être jugée, rapporte notre correspondant à Damas, Mohamed Errami. L'ancien grand mufti de Syrie, Ahmed Badreddine Hassoun, a été condamné ce lundi 24 août à la prison à perpétuité, devenant ainsi la dixième figure du régime Assad condamnée par la justice syrienne. Proche de Bachar el-Assad et très présent à ses côtés lors d'occasions religieuses, il a été reconnu coupable d'« incitation intentionnelle au meurtre », « participation directe » à des meurtres et d'avoir attisé les « haines confessionnelles et raciales ». Surnommé le « mufti des barils d'explosifs », Ahmed Badreddine Hassoun a été le grand mufti pendant plus de seize ans et a appuyé sans réserve le régime de Bachar el-Assad pendant toute la guerre civile. En 2021 toutefois, son poste a été supprimé par un décret du président. À l'origine de ce décret, un faux pas de la part du mufti : lors des funérailles du chanteur Sabah Fakhri en novembre 2021, Hassoun avait livré une interprétation personnelle d'un verset coranique et provoqué un tollé dans les milieux religieux et populaires. Une dixième condamnation Le 11 août 2026, un tribunal syrien a condamné par contumace l'ancien dirigeant syrien Bachar el-Assad à la peine capitale après l'avoir reconnu coupable de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité » commis durant la guerre civile. Quelques jours plus tard, son cousin Wassim el-Assad était également condamné à mort pour avoir formé deux groupes armés, auteurs d'attaques meurtrières dans la région de Damas. Il a également été reconnu coupable d'incitation à la guerre civile. Ces condamnations ont été vivement critiquées par l'ONU ainsi que par les organisations de défense des droits humains comme Human Rights Watch qui s'opposent à la peine de mort et exhortent les nouvelles autorités syriennes à adopter un processus de justice transitionnelle centré sur les victimes. « Pour faire avancer la justice face à la litanie de crimes graves commis en Syrie, il ne suffit pas de prononcer des condamnations ; il faut mettre en place un système capable de rendre une justice compétente, impartiale et indépendante », a plaidé Balkees Jarrah, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Syrie : l’ex-grand mufti d’Assad condamné à la perpétuité, la justice rattrape une figure clé de l’ancien régime

DAMAS — La justice syrienne a prononcé, lundi 24 août 2026, une lourde condamnation contre l’une des figures religieuses les plus emblématiques de l’ère Bachar el-Assad. Ahmed Badreddine Hassoun, ancien grand mufti de Syrie et fidèle soutien de l’ex-président, a été condamné à la prison à perpétuité par la quatrième chambre criminelle de Damas.

Le tribunal l’a reconnu coupable de plusieurs faits liés à son rôle durant les années de guerre, notamment d’incitation à la violence et au meurtre, d’attisement des tensions confessionnelles et raciales, ainsi que d’abus de fonction. La justice syrienne l’a également reconnu impliqué dans des crimes qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ses biens meubles et immeubles ont par ailleurs été ordonnés confisqués au profit du Trésor public.

Le verdict a été rendu lors de la sixième audience de son procès, présidée par le juge Fakhr al-Din al-Aryan. Hassoun, qui se trouvait dans le box des accusés, a assisté à la lecture de la décision. Des représentants de la Commission nationale pour la justice transitionnelle ainsi que des organisations juridiques et humanitaires internationales étaient également présents.

Une figure religieuse au cœur du système Assad

Âgé de 77 ans, Ahmed Badreddine Hassoun avait occupé la fonction de grand mufti de Syrie de 2005 à 2021. Pendant près de seize ans, il avait affiché une proximité constante avec Bachar el-Assad et apparaissait régulièrement aux côtés du président lors de cérémonies et événements religieux.

Son influence dépassait toutefois le seul cadre religieux. Selon les éléments présentés par le tribunal, l’institution religieuse officielle aurait été utilisée sous l’ancien régime pour apporter une justification religieuse à certaines opérations militaires et sécuritaires. Le juge a notamment évoqué le rôle joué par l’appareil religieux dans la légitimation de l’usage d’armes ayant touché des zones civiles.

Cette proximité avec le pouvoir avait valu à Hassoun le surnom particulièrement controversé de « mufti des barils d’explosifs », en référence aux accusations selon lesquelles il aurait soutenu ou justifié les opérations militaires du régime contre des populations civiles.

Son mandat de grand mufti avait finalement pris fin en 2021, lorsque le poste fut supprimé par décret présidentiel. Cette décision était notamment intervenue après une controverse provoquée par des propos tenus lors des funérailles du célèbre chanteur syrien Sabah Fakhri.

Arrêté alors qu’il tentait de quitter la Syrie

Après la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, Hassoun a tenté de quitter le pays. Il a été arrêté à l’aéroport de Damas en mars 2025 sur la base d’un mandat d’arrêt. Il est depuis resté détenu dans l’attente de son procès.

Son procès s’inscrit dans une série de procédures engagées par les nouvelles autorités syriennes contre des responsables et personnalités associées à l’ancien régime. La quatrième chambre criminelle de Damas a été chargée de plusieurs dossiers relevant de la justice transitionnelle.

La condamnation de Hassoun constitue ainsi la dixième condamnation visant une figure de l’ancien régime Assad depuis l’ouverture de cette nouvelle séquence judiciaire. Elle intervient après plusieurs verdicts particulièrement lourds prononcés au mois d’août contre d’anciens responsables du pouvoir déchu.

Une justice de transition sous surveillance

Ces procès représentent un moment majeur pour une Syrie qui tente de tourner la page de près de quatorze années de guerre et de répression. Mais ils suscitent aussi des interrogations chez les organisations de défense des droits humains.

Human Rights Watch estime que les poursuites contre les responsables de l’ancien régime sont nécessaires, tout en appelant les autorités à garantir des procès indépendants, impartiaux et conformes aux standards internationaux. L’organisation souligne notamment que la justice transitionnelle ne peut pas se limiter à une succession de condamnations et doit offrir aux victimes un processus crédible, transparent et accessible.

La question est d’autant plus sensible que plusieurs autres anciens responsables ont récemment été condamnés à mort, parfois par contumace. Ces décisions ont relancé le débat sur la peine capitale et sur la capacité des nouvelles institutions syriennes à construire une justice durable après des décennies d’autoritarisme et un conflit qui a fait environ un demi-million de morts et déplacé plus de la moitié de la population syrienne d’avant-guerre.

Avec la condamnation d’Ahmed Badreddine Hassoun, c’est donc non seulement un ancien dignitaire religieux qui se retrouve derrière les barreaux, mais aussi un symbole de l’alliance entre le pouvoir politique et une partie de l’establishment religieux sous Assad. Pour les nouvelles autorités syriennes, le défi est désormais de transformer ces procès spectaculaires en un véritable processus de justice transitionnelle, capable de répondre aux attentes des victimes tout en respectant les garanties fondamentales d’un procès équitable.

Sunuker News Desk