Réunis à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, des représentants de 48 pays africains, dont 22 chefs d’État, ont pris part au troisième sommet Russie-Afrique. Vladimir Poutine a profité de cette rencontre pour présenter son pays comme un partenaire privilégié du continent, tout en critiquant vivement les pratiques économiques des puissances occidentales.
La Russie entend consolider davantage sa présence sur le continent africain. À l’occasion du troisième sommet Russie-Afrique, organisé dans la capitale russe, Vladimir Poutine a multiplié les appels au rapprochement avec les dirigeants africains, en mettant en avant les perspectives de coopération économique, industrielle et technologique.
Lors de son intervention inaugurale, le président russe a vivement critiqué les relations économiques entre l’Afrique et les puissances occidentales. Il leur reproche notamment de maintenir le continent dans une forme de dépendance financière à travers l’endettement et l’exploitation de ses ressources naturelles.
À l’inverse, le maître du Kremlin affirme vouloir privilégier des partenariats fondés sur la transformation locale des matières premières, le transfert de technologies, le développement industriel et la création d’emplois sur le continent.
Pour convaincre ses interlocuteurs, Vladimir Poutine a également mis en avant les capacités économiques et technologiques de la Russie. Il a notamment évoqué les possibilités de coopération dans les secteurs des céréales, des engrais, de l’énergie, des transports et des infrastructures agricoles.
Une offensive économique et diplomatique sur le continent
Au-delà des déclarations politiques, Moscou cherche à transformer son rapprochement avec l’Afrique en partenariats économiques plus concrets.
Selon les chiffres avancés par Vladimir Poutine et rapportés par Associated Press, les échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains ont dépassé 27 milliards de dollars l’année dernière.
Le président russe a également insisté sur les exportations agricoles de son pays. Il a notamment évoqué les livraisons de céréales et d’engrais destinées à plusieurs États africains, dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la sécurité alimentaire.
L’énergie, les activités minières, la production industrielle et la logistique figurent également parmi les secteurs dans lesquels la Russie souhaite développer ses investissements.
Cette stratégie s’accompagne d’une dimension politique et sécuritaire importante. Moscou entretient des accords de coopération militaire avec plusieurs pays africains et cherche à consolider ses relations avec les gouvernements du continent.
Une influence qui dépasse les échanges commerciaux
Si Vladimir Poutine insiste sur les perspectives économiques, la présence russe en Afrique repose également sur des enjeux géopolitiques et militaires.
La Russie cherche notamment à renforcer ses alliances dans un contexte de tensions persistantes avec les pays occidentaux, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine.
Dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique centrale, Moscou a accru son implication dans les domaines de la défense et de la sécurité. Cette présence suscite toutefois des critiques de la part de plusieurs gouvernements occidentaux et d’organisations de défense des droits humains.
Pour les pays africains, le rapprochement avec la Russie représente aussi une possibilité de diversification des partenaires internationaux, notamment dans les domaines de l’armement, de l’énergie et des infrastructures.
Une déclaration commune et un programme pour 2027-2029
À l’issue des travaux, les participants ont adopté une déclaration commune mettant notamment l’accent sur la construction d’un ordre international multipolaire, le respect de la souveraineté des États et une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances internationales.
Un plan d’action pour la coopération Russie-Afrique sur la période 2027-2029 a également été adopté. Il couvre plusieurs domaines, dont le commerce, l’énergie, la sécurité, l’agriculture, les technologies numériques et l’intelligence artificielle.
Reste désormais à savoir dans quelle mesure ces engagements se traduiront par des investissements durables et des réalisations concrètes au bénéfice des populations africaines.
Car derrière les discours sur le partenariat et la solidarité, l’enjeu majeur pour les États africains demeure la capacité à défendre leurs intérêts économiques, à valoriser leurs ressources naturelles et à obtenir des retombées concrètes de leurs alliances internationales.
La Rédaction – Sunuker.net


















































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