Sénégal : Seynabou Yacine Samb réclame la déclaration de patrimoine des Premières Dames
Le débat sur la transparence dans la gestion des ressources publiques s’élargit au Sénégal. Alors que plusieurs responsables publics viennent de s’acquitter de leur obligation de déclaration de patrimoine auprès de l’OFNAC, la députée Seynabou Yacine Samb estime que la question doit également être posée concernant les Premières Dames lorsqu’elles conduisent des initiatives mobilisant des ressources importantes.
Dans une publication sur Facebook, l’élue interpelle directement les autorités sur la nécessité de renforcer les mécanismes de transparence autour des activités à caractère social menées dans l’entourage de la présidence.
« Il s’agit de l’argent du contribuable »
Pour Seynabou Yacine Samb, le débat ne doit pas être réduit à une question de personnes ou d’appartenance politique. Elle affirme que le véritable enjeu réside dans la traçabilité des ressources utilisées dans le cadre de certaines actions sociales.
La députée estime notamment que les initiatives conduites par les Premières Dames, lorsqu’elles impliquent des moyens financiers considérables, devraient pouvoir faire l’objet d’un contrôle permettant de déterminer clairement l’origine et la destination des fonds.
Elle évoque également les controverses qui avaient entouré par le passé certaines activités sociales de l’ancienne Première Dame Marième Faye Sall, estimant que les leçons de ces épisodes doivent conduire à davantage de vigilance.
Seynabou Yacine Samb affirme ainsi que les initiatives sociales ne sauraient constituer une zone échappant aux exigences de transparence qui s’imposent à la gestion des ressources publiques.
Une interpellation sur l’origine des financements
La parlementaire soulève par ailleurs la question de l’évolution des moyens financiers dont disposeraient certaines personnalités impliquées dans ces opérations. Elle demande que l’origine des sommes distribuées ou mobilisées puisse être clairement établie.
Elle va jusqu’à évoquer le risque de recours à des prête-noms pour dissimuler certains avoirs, une hypothèse qu’elle présente comme une raison supplémentaire de renforcer les mécanismes de contrôle.
Son interpellation intervient alors que la déclaration de patrimoine constitue au Sénégal un instrument destiné à prévenir notamment l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts chez certaines catégories de responsables assujettis.
La députée insiste toutefois sur le fait que son exigence ne serait pas liée à un camp politique particulier. Elle rappelle avoir, selon ses propres termes, dénoncé hier les pratiques qu’elle jugeait problématiques et entend poursuivre la même démarche sous l’actuel pouvoir.
« Nous avons élu votre mari »
Dans sa sortie, Seynabou Yacine Samb pose également la question du statut institutionnel des Premières Dames. Elle souligne que celles-ci ne sont pas élues par les citoyens et que le mandat présidentiel appartient au peuple.
Son argument est donc que l’accès indirect à des moyens importants ou la conduite d’actions bénéficiant d’une forte visibilité publique doivent s’accompagner, selon elle, d’exigences renforcées en matière de transparence.
Au-delà de la polémique autour des Premières Dames, cette prise de position relance ainsi un débat plus large au Sénégal : jusqu’où doit aller le contrôle de l’utilisation des ressources mobilisées autour de la présidence et des actions sociales qui lui sont associées ?
Une question qui touche directement aux principes de reddition des comptes et de responsabilité dans la gestion des deniers publics.
Sunuker News Desk

















































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