Le rapport du cabinet international Forvis Mazars, qui a servi de base à l’évaluation de la dette publique dite « cachée » du Sénégal entre 2018 et 2024, se retrouve au centre d’un nouveau débat. Les récentes déclarations de la directrice de la communication du Fonds monétaire international (FMI), Julie Kozack, suscitent de nombreuses interrogations quant à la transparence du processus et à la nécessité de mener des investigations complémentaires.
Mandaté par les autorités sénégalaises à la suite des premières révélations de la Cour des comptes, le cabinet Forvis Mazars avait pour mission de faire la lumière sur la trajectoire financière du pays. Les conclusions issues de ce travail ont entraîné une réévaluation spectaculaire des indicateurs macroéconomiques du Sénégal, propulsant le ratio dette/PIB à 132 % à la fin du mois de décembre 2024 dans son périmètre consolidé. Ces données réconciliées sont rapidement devenues la référence officielle pour le ministère des Finances et l’administration sénégalaise.
Cependant, la gestion de ce dossier souffre d’un manque de visibilité qui alimente les doutes. Le rapport n’ayant jamais fait l’objet d’une publication intégrale, les observateurs et le grand public doivent se contenter des extraits budgétaires officiels, des transmissions de données au FMI et des fuites orchestrées dans les médias.
Le débat a été relancé le 25 juin depuis Washington. Lors d’un point de presse, Julie Kozack a évoqué l’éventualité de confier un nouvel audit à un cabinet international privé. Cette annonce a immédiatement soulevé une question cruciale au sein de l’opinion : pourquoi commander une nouvelle expertise si les résultats de Forvis Mazars permettaient déjà de cerner précisément l’ampleur de la dette ?
Les analystes précisent toutefois que cette démarche de l’institution de Bretton Woods ne s’apparente pas à un désaveu technique du travail déjà accompli. Le FMI continue d’ailleurs d’intégrer les chiffres de cette réconciliation dans ses propres rapports. Pour les experts, la demande d’un nouvel audit s’inscrit plutôt dans une volonté de validation et de crédibilisation internationale des données financières du Sénégal.
Au-delà de l’aspect purement comptable, le Fonds monétaire international insiste particulièrement sur la nécessité de finaliser l’état des lieux des arriérés de paiement, de verrouiller les contrôles budgétaires et d’accélérer les réformes structurelles.
Néanmoins, dans un contexte politique national fortement polarisé, la multiplication des audits combinée à l’absence de publication officielle des rapports intégraux entretient le flou. Les interrogations sur les coûts financiers liés à la contractualisation successive de cabinets étrangers continuent d’alimenter la controverse autour d’un dossier économique devenu hautement sensible pour l’avenir financier du pays.
La Rédaction — Sunuker.net
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