Le Venezuela fait face à l’une des pires tragédies humanitaires de son histoire récente. Après le double tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays en début de semaine, le bilan humain ne cesse de s’alourdir de jour en jour. Les autorités officielles font désormais état de plus de 1 400 décès, tandis que les organisations internationales s’inquiètent du sort de dizaines de milliers de personnes toujours portées disparues sous les décombres.
Les chiffres communiqués par le président du Parlement, Jorge Rodríguez, témoignent de la violence des secousses. Le décompte officiel s’élève à 1 430 morts et 3 238 blessés à travers le pays. Toutefois, ce bilan officiel reste provisoire et s’avère bien en deçà des estimations de l’Institut d’études géologiques des États-Unis, qui redoute que la barre des 10 000 morts soit franchie, faisant de cet événement l’un des séismes les plus meurtriers de la région.
De son côté, l’ONU évalue le nombre de disparus à près de 50 000 personnes. L’opposition vénézuélienne a quant à elle mis en place une plateforme en ligne recensant déjà plus de 54 000 citoyens dont on est sans nouvelles.
Selon les projections de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les conséquences globales de cette catastrophe impactent directement la vie de près de 6,76 millions de personnes, dont deux millions pour la seule ville de Caracas.
L’épicentre du drame se concentre principalement dans la ville balnéaire de La Guaira, au nord de la capitale, ainsi qu’à Moron. À La Guaira, des dizaines d’immeubles résidentiels se sont totalement effondrés sous l’impact des secousses successives de magnitude 7,2 et 7,5.
Sur le terrain, la situation est chaotique. Face au manque cruel de matériel lourd de déblaiement, les survivants et les bénévoles s’organisent par leurs propres moyens, fouillant parfois les gravats à mains nues pour retrouver des proches. Pour tenter de sécuriser les zones touchées et déployer des mesures sanitaires urgentes, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé la mobilisation de 14 000 militaires et policiers.
La solidarité internationale commence également à se déployer. Plus de 1 600 secouristes étrangers sont déjà arrivés sur le territoire vénézuélien à bord de 17 vols humanitaires, et de nombreuses autres rotations sont attendues. Le ministère des Affaires étrangères a tenu à exprimer sa gratitude envers la communauté internationale pour ce soutien logistique crucial.
En plus des pertes en vies humaines, le cataclysme a achevé de paralyser les infrastructures de base du pays, déjà fragilisées par des années de sous-investissement et de sanctions internationales. Si l’électricité commence à être rétablie progressivement dans certaines zones de la capitale, la ville de La Guaira demeure plongée dans le noir total.
Sur le plan économique, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié une première évaluation basée sur des analyses cartographiques et satellitaires. Les pertes matérielles directes sont estimées à près de sept milliards de dollars, soit l’équivalent de 6 % du PIB du Venezuela. Le PNUD prévient toutefois que ce montant préliminaire ne prend pas en compte la reconstruction à long terme ni l’impact économique global, des coûts qui finissent généralement par tripler la facture finale.
La Rédaction — Sunuker.net
Avec AFP
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