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Sénégal : Biram Sène prévient les partis politiques, « le respect de la parité n’est pas négociable »

Sénégal : Biram Sène prévient les partis politiques, « le respect de la parité n’est pas négociable »

Sénégal : Biram Sène prévient les partis politiques, « le respect de la parité n’est pas négociable »

À l’approche des prochaines échéances électorales, la Direction générale des élections rappelle aux formations politiques leurs obligations en matière de parité. Le directeur des élections, Biram Sène, insiste sur le respect de la loi, alors que la représentativité des femmes demeure un défi, notamment dans certaines collectivités territoriales.

Le message est sans équivoque. Les partis politiques et les coalitions qui ambitionnent de participer aux prochaines élections devront se conformer aux règles relatives à la parité entre les hommes et les femmes. Le directeur des élections, Biram Sène, a réaffirmé cette exigence lundi 19 octobre 2026, lors d’un forum consacré au « leadership politique des femmes et des jeunes ».

Organisée par l’Alliance pour la migration, le leadership et le développement (AMLD), dirigée par l’ancienne ministre Ndioro Ndiaye, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la rencontre a permis de revenir sur les obstacles qui freinent encore la participation des femmes à la vie politique sénégalaise.

« Le respect de la parité n’est pas négociable », a martelé Biram Sène, rappelant que le Sénégal dispose depuis 2010 d’un cadre juridique destiné à garantir une représentation équilibrée des deux sexes dans les institutions électives. La loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 impose notamment une alternance entre candidats hommes et femmes sur les listes de candidatures. Le Code électoral reprend cette exigence pour les élections concernées. <escape> </escape>

Malgré cette avancée juridique, l’application du dispositif continue de soulever des difficultés. Le directeur des élections reconnaît que des efforts restent nécessaires pour améliorer la représentation des femmes, aussi bien dans les formations politiques que dans les collectivités territoriales.

« Il est vrai que le Sénégal est en avance sur beaucoup de pays africains, notamment en ce qui concerne la loi sur la parité. Mais il reste beaucoup de choses à parfaire dans le cadre de la représentativité des femmes », a-t-il expliqué, évoquant les difficultés rencontrées lors de la constitution de certains conseils municipaux et départementaux ainsi que la place encore insuffisante accordée aux femmes dans plusieurs partis.

La question ne se limite donc pas à la présence de femmes sur les listes électorales. Elle concerne également leur accès aux responsabilités et leur capacité à participer pleinement aux décisions politiques. Les contestations liées au non-respect de la parité ont déjà donné lieu à des contentieux électoraux et à des décisions judiciaires concernant des collectivités territoriales.

Touba, une situation particulière toujours au cœur du débat

Le cas de Touba demeure l’un des sujets les plus sensibles. La liste unique traditionnellement présentée dans cette ville ne comporte pas de femmes, ce qui soulève la question de son articulation avec le principe légal de parité.

Sur ce point, Biram Sène a précisé que les autorités judiciaires n’avaient pas été saisies d’un recours portant spécifiquement sur cette situation, selon les explications rapportées lors du forum. En l’absence d’une contestation régulièrement introduite, le juge électoral n’a donc pas été amené à se prononcer sur ce cas particulier.

Cette situation met en lumière les difficultés que peut rencontrer l’application d’une règle générale dans un contexte local marqué par des pratiques et des équilibres particuliers. Elle relance aussi le débat sur l’effectivité du principe d’égalité dans la représentation politique et sur les moyens de garantir le respect de la loi dans toutes les collectivités.

Formation, financement et changement des mentalités

Au-delà du rappel réglementaire, les organisateurs du forum entendent agir sur les obstacles pratiques qui limitent l’engagement politique des femmes et des jeunes. Le manque de formation, les difficultés d’accès aux financements politiques et la persistance de stéréotypes sociaux figurent parmi les principaux freins identifiés.

Pour y répondre, l’AMLD et l’OIF ont mis en avant le lancement d’un guide pratique destiné à renforcer les capacités des femmes et des acteurs du processus électoral. Les deux organisations prévoient également l’élaboration d’un baromètre francophone sur l’inclusion politique, qui doit permettre de mieux apprécier la place des femmes et des jeunes dans les mécanismes de décision.

L’enjeu dépasse la simple conformité des listes aux exigences légales. Il s’agit aussi de permettre aux femmes de participer à la vie politique dans des conditions plus équitables, de peser sur les programmes des partis et d’accéder aux postes de responsabilité.

À l’approche de futures échéances électorales, le rappel de Biram Sène adresse ainsi un avertissement aux formations politiques : la préparation des candidatures devra intégrer les exigences de la parité dès la constitution des listes. Reste à savoir si cette fermeté réglementaire, accompagnée d’efforts de formation et d’inclusion, permettra de réduire durablement les écarts entre le principe inscrit dans la loi et la réalité de la représentation politique.

Sunuker News Desk