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Révision constitutionnelle au Sénégal : Mamadou Ndoye met en garde contre une instrumentalisation politique

Révision constitutionnelle au Sénégal : Mamadou Ndoye met en garde contre une instrumentalisation politique

Révision constitutionnelle au Sénégal : Mamadou Ndoye met en garde contre une instrumentalisation politique

Dakar – Le débat autour de la révision de la Constitution prend une nouvelle dimension au Sénégal. L’ancien ministre et figure de la société civile, Mamadou Ndoye, met en garde contre toute utilisation de cette réforme comme instrument dans le bras de fer politique opposant les institutions du pays. Pour lui, une modification de la loi fondamentale ne peut être réduite à un affrontement entre acteurs politiques.

S’exprimant mercredi lors d’une conférence de presse consacrée à la réforme constitutionnelle et au rôle de la société civile, le coordonnateur de Sursaut Citoyen estime que les signes d’une possible instrumentalisation sont désormais suffisamment visibles.

Selon lui, la réforme intervient dans un contexte marqué par les tensions entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il considère que le processus constitutionnel risque ainsi d’être entraîné dans une logique de rapport de forces.

Cette inquiétude intervient alors que la société civile sénégalaise s’est déjà fortement mobilisée autour de la réforme des institutions. En janvier 2026, une coalition regroupant une cinquantaine d’organisations avait notamment identifié trois priorités : la protection des deniers publics, le renforcement de la démocratie participative et l’indépendance de la justice.

« La Constitution est l’affaire de tous »

Pour Mamadou Ndoye, l’enjeu dépasse largement les querelles entre dirigeants. La Constitution définit, selon lui, les règles fondamentales permettant aux citoyens de vivre ensemble et d’organiser les rapports entre les différentes institutions.

« La révision constitutionnelle est une affaire trop importante pour faire l’objet d’une lutte partisane », soutient-il, appelant les acteurs politiques à rechercher un terrain d’entente autour des règles du contrat social.

Cette position s’inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs années par Sursaut Citoyen et les organisations engagées dans la promotion du Pacte national de bonne gouvernance démocratique. Le Pacte, élaboré à partir des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI, vise notamment une refondation institutionnelle destinée à renforcer l’État de droit, la démocratie et la place du citoyen.

Mamadou Ndoye invite ainsi les responsables politiques à sortir d’une lecture strictement partisane de la réforme et à ouvrir une véritable discussion nationale sur les institutions que les Sénégalais souhaitent construire.

Le calendrier électoral, autre sujet de vigilance

Interrogé sur la question de la date des prochaines élections territoriales, l’ancien ministre indique que cette question n’a pas encore été examinée au sein de son organisation.

Il rappelle néanmoins un principe auquel il dit rester attaché : la durée d’un mandat électif doit être respectée. Une fois le terme arrivé, explique-t-il, le mandat doit être renouvelé conformément aux règles prévues.

Cette position rejoint les prises de position antérieures de la société civile sénégalaise contre les reports d’élections. Pour Sursaut Citoyen, la régularité du calendrier électoral relève d’un principe institutionnel qui doit dépasser les intérêts des formations politiques.

Le Pacte de bonne gouvernance confronté au défi de la communication

Autre préoccupation évoquée par Mamadou Ndoye : la difficulté pour les organisations citoyennes de faire connaître le contenu du Pacte de bonne gouvernance à l’ensemble de la population.

Des rencontres ont été organisées avec les candidats à la présidentielle, les syndicats et différentes composantes de la société civile. La presse a également été sollicitée pour contribuer à la diffusion des propositions.

Mais les moyens financiers et logistiques limités empêchent, selon lui, l’organisation d’une campagne de proximité dans toutes les localités du pays.

La société civile compte donc sur les relais locaux, sociaux et institutionnels pour poursuivre la sensibilisation. Cette stratégie n’est pas nouvelle : dès 2024, Sursaut Citoyen expliquait vouloir à la fois mobiliser l’opinion autour du Pacte et mettre en place une veille destinée à suivre les engagements pris par les responsables politiques.

Les tensions au sein de PASTEF ne doivent pas atteindre les institutions

Mamadou Ndoye s’est également exprimé sur les divisions qui traversent actuellement PASTEF. À ses yeux, les différends internes à un parti politique relèvent d’abord de la vie de cette formation.

La situation devient cependant préoccupante dès lors que ces tensions ont des conséquences sur le fonctionnement de l’État.

L’ancien ministre estime qu’aucune querelle partisane ne devrait être suffisamment forte pour bloquer ou perturber les institutions de la République. Le fonctionnement normal de ces dernières concerne directement les citoyens et ne saurait, selon lui, être soumis aux rapports de force internes aux formations politiques.

Cette conception rejoint l’un des axes historiques du combat de Sursaut Citoyen : parvenir à une démocratie où les institutions fonctionnent indépendamment des contingences partisanes et où la centralité du citoyen demeure le principe directeur. (

Au fond, le message de Mamadou Ndoye est clair : la réforme constitutionnelle ne devrait pas être l’otage des tensions politiques du moment. Elle doit, selon lui, donner lieu à une réflexion collective sur l’équilibre des pouvoirs, les garanties démocratiques, le respect des mandats et les règles devant organiser durablement le vivre-ensemble au Sénégal.

Alors que le débat institutionnel continue de s’intensifier, la société civile entend ainsi rappeler que la Constitution appartient à l’ensemble de la Nation et que sa modification engage bien davantage que les intérêts des acteurs actuellement au pouvoir.

Sunuker News Desk