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Rentrée 2026-2027 : 2 500 classes, 2 527 enseignants… le gouvernement accélère pour préparer l’école sénégalaise

Rentrée 2026-2027 : 2 500 classes, 2 527 enseignants… le gouvernement accélère pour préparer l’école sénégalaise

Rentrée 2026-2027 : 2 500 classes, 2 527 enseignants… le gouvernement accélère pour préparer l’école sénégalaise

À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le gouvernement sénégalais veut jouer sur plusieurs fronts à la fois : infrastructures, recrutement d’enseignants, amélioration des conditions d’apprentissage et poursuite des réformes du système éducatif. L’objectif affiché est de permettre aux élèves, étudiants et apprenants de retrouver des établissements opérationnels et mieux adaptés à leurs besoins.

Au terme d’un Conseil interministériel consacré à la préparation de la rentrée, 27 mesures ont été retenues sous la présidence du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô. Le dispositif doit notamment permettre d’accélérer la construction de 2 500 salles de classe et ouvrages annexes, tout en veillant au respect des délais prévus dans les contrats.

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, est appelé à travailler avec les départements chargés des Infrastructures ainsi que de l’Économie, des Finances et du Plan pour accélérer l’exécution du programme. Il devra également finaliser l’implantation des ouvrages et assurer un suivi rapproché des échéances contractuelles.

Cette priorité accordée aux infrastructures s’inscrit dans un programme plus large de résorption du déficit scolaire. En mars 2026, le gouvernement avait déjà annoncé une enveloppe de 62,8 milliards de francs CFA destinée notamment à la construction de 2 500 salles de classe, avec pour objectif de réduire le recours aux abris provisoires et de décongestionner certains établissements.

Mais construire des salles ne suffit pas à garantir une rentrée réussie. La question des ressources humaines constitue également un enjeu central. Le gouvernement a annoncé un recrutement spécial complémentaire de 2 527 enseignants pour l’année scolaire 2026-2027. Le ministère de l’Éducation nationale avait convié les organisations syndicales à une réunion d’échanges sur cette opération le 13 août dernier.

Le recrutement doit contribuer à réduire les déficits d’enseignants constatés dans plusieurs zones du pays. À Matam, par exemple, les services de l’Inspection de l’éducation et de la formation ont récemment fait état d’un besoin de 328 enseignants, illustrant les difficultés de répartition du personnel auxquelles le système reste confronté.

Le dossier n’est toutefois pas exempt de débats. Le G7, qui regroupe les principales organisations syndicales de l’éducation, a exprimé des réserves sur les modalités du recrutement spécial, estimant notamment que le recours à des recrutements hors concours pouvait poser la question de la professionnalisation du métier d’enseignant. Le gouvernement, de son côté, présente cette opération comme une réponse aux besoins en personnel et à la préparation de la rentrée.

Au-delà de la rentrée immédiate, ces mesures s’inscrivent dans une transformation plus vaste du système éducatif. Dans sa Déclaration de politique générale du 8 septembre, le Premier ministre a annoncé plusieurs chantiers, dont la suppression progressive des abris provisoires, la construction de 12 lycées nationaux d’excellence pour l’équité et la qualité de l’éducation (LYNAQE), la mise en place de 15 000 salles de classe connectées et de 45 Espaces numériques ouverts. Le gouvernement prévoit également de poursuivre la réalisation des universités de Matam, du Sénégal oriental et du Sine-Saloum ainsi que de leurs résidences universitaires.

La question pédagogique figure également au cœur de cette refondation. Les autorités veulent renforcer l’enseignement des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, développer le bilinguisme, valoriser davantage les langues nationales et accélérer la transformation numérique de l’éducation. L’intégration des daaras dans le système éducatif et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de l’alimentation scolaire figurent aussi parmi les orientations annoncées.

Cette dynamique intervient alors que le Sénégal poursuit déjà plusieurs réformes structurelles. La suppression du concours d’entrée en Sixième est effective à partir de la session 2026, avec une nouvelle organisation de l’accueil des élèves issus du CM2 et de la gestion du CFEE. Le ministère avait demandé aux inspections de préparer notamment les capacités d’accueil, les besoins en personnel et les dispositifs d’accompagnement pédagogique.

La rentrée 2026-2027 apparaît donc comme une échéance importante pour mesurer la capacité de l’État à transformer les annonces en réalisations concrètes. La construction des salles devra être achevée dans les délais, les enseignants recrutés devront être affectés en fonction des besoins réels et les établissements devront disposer des équipements indispensables à leur fonctionnement.

Le gouvernement devra également composer avec un autre impératif : maintenir le dialogue avec les syndicats et l’ensemble des acteurs de l’école. L’expérience des précédentes rentrées a montré que la disponibilité des infrastructures et des enseignants ne suffit pas toujours à garantir la stabilité du système. Le suivi des affectations, la formation continue, les conditions de travail et la qualité des apprentissages restent déterminants.

Avec ces 27 mesures, l’exécutif cherche ainsi à préparer une rentrée qui ne soit pas seulement une échéance administrative, mais une nouvelle étape de la transformation du système éducatif sénégalais. La principale question sera désormais celle de l’exécution : combien des engagements annoncés seront effectivement réalisés avant l’ouverture des classes et dans quelles conditions les élèves et les enseignants seront-ils accueillis ?

Sunuker News Desk