Réintégration de Sonko à l’Assemblée : malgré le revers judiciaire, Abdou Mbow promet de poursuivre la bataille
Dakar – Le feuilleton politique autour du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale est loin d’être terminé. Bien que le Conseil constitutionnel se soit déclaré incompétent pour examiner le recours introduit par des députés de l’opposition, les contestataires n’entendent pas baisser les bras. En première ligne, le député Abdou Mbow a annoncé la poursuite du combat politique et juridique contre ce qu’il considère comme une violation de la Constitution.
Dans une décision rendue le 17 juin 2026, le Conseil constitutionnel a rejeté la requête déposée par dix-huit parlementaires de l’opposition qui contestaient à la fois la réintégration d’Ousmane Sonko au Parlement et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. La haute juridiction a estimé ne pas être compétente pour statuer sur cette affaire, mettant ainsi un terme à cette procédure spécifique.
Abdou Mbow refuse de s’avouer vaincu
Réagissant à cette décision, Abdou Mbow, député du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a indiqué prendre acte du verdict tout en maintenant son opposition de principe.
Selon lui, la question dépasse le simple cadre juridique et touche directement au respect des principes constitutionnels. « Nous prenons acte de cette décision, mais notre position reste inchangée. Nous continuerons à dénoncer ce que nous considérons comme une entorse grave aux règles constitutionnelles », a-t-il déclaré à plusieurs médias sénégalais.
L’élu estime que les voies de recours politiques et institutionnelles ne sont pas épuisées et promet de poursuivre les consultations avec ses alliés afin de définir une nouvelle stratégie.
Une majorité confortée par la décision
Du côté de la majorité parlementaire et des soutiens du leader de Pastef, cette décision est perçue comme une validation indirecte de la procédure ayant conduit au retour d’Ousmane Sonko au sein de l’hémicycle.
Les responsables de la mouvance présidentielle considèrent que le dossier est désormais clos sur le plan juridique et rappellent que la souveraineté parlementaire doit être respectée. Pour eux, aucune disposition légale n’empêche aujourd’hui le chef du gouvernement d’exercer pleinement ses fonctions politiques et parlementaires.
Un débat qui divise la classe politique
Cette affaire continue toutefois d’alimenter les débats au sein de la classe politique sénégalaise. Plusieurs constitutionnalistes et analystes ont livré des interprétations divergentes sur la question.
Le politologue Moussa Diaw avait notamment estimé dans une récente analyse qu’aucun obstacle juridique majeur ne s’opposait au retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Selon lui, les controverses entourant cette réintégration relèvent davantage du débat politique que du contentieux constitutionnel.
Une confrontation politique appelée à durer
Loin d’apaiser les tensions, la décision du Conseil constitutionnel risque de prolonger l’affrontement entre la majorité et l’opposition. Depuis plusieurs semaines, les débats autour de la place d’Ousmane Sonko dans les institutions occupent une large place dans l’actualité politique sénégalaise.
Abdou Mbow, qui avait déjà boycotté l’élection du président de l’Assemblée nationale en dénonçant une procédure qu’il jugeait irrégulière, confirme ainsi sa volonté de maintenir la pression sur la majorité parlementaire.
Alors que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye poursuit son agenda politique et institutionnel, ce dossier pourrait continuer à alimenter les tensions entre pouvoir et opposition dans les semaines à venir.
Une chose est certaine : malgré la décision du Conseil constitutionnel, la bataille politique autour de la réintégration d’Ousmane Sonko est loin d’avoir livré son dernier épisode.
Sunuker News Desk

















































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