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Parcelles Assainies : Awa Ngom et son fils emportés par les eaux, le terrible récit d’un drame qui bouleverse Dakar

Parcelles Assainies : Awa Ngom et son fils emportés par les eaux, le terrible récit d’un drame qui bouleverse Dakar

Parcelles Assainies : Awa Ngom et son fils emportés par les eaux, le terrible récit d’un drame qui bouleverse Dakar

Sunuker News Desk

Le drame survenu à l’Unité 7 des Parcelles Assainies restera comme l’un des épisodes les plus tragiques des fortes pluies qui ont frappé Dakar dimanche 4 octobre. Awa Ngom, âgée de 25 ans, et son fils Mbaye, âgé de 4 ans, ont perdu la vie après la montée brutale des eaux dans leur quartier. Au-delà du bilan humain, les témoignages recueillis auprès de leurs proches révèlent l’histoire d’une jeune mère décrite comme généreuse, discrète et profondément attachée à sa famille.

Quelques heures avant le drame, rien ne laissait imaginer que la journée allait tourner au cauchemar. Awa Ngom avait déjeuné chez Ndèye Thioro Badji, une femme qu’elle connaissait depuis plusieurs années et avec laquelle elle avait noué une relation devenue presque familiale.

Thioro Badji raconte qu’elle avait rencontré Awa à travers son époux, qui fréquentait son restaurant. Avec le temps, les deux femmes s’étaient rapprochées. Awa n’hésitait pas à lui donner un coup de main lorsqu’elle en avait besoin. Leur complicité avait fini par dépasser le simple cadre du voisinage.

Dimanche, alors que le ciel commençait à devenir menaçant, Awa a pris son dernier repas chez Thioro. Pressée par l’arrivée de la pluie, elle a décidé de rentrer chez elle avec son petit garçon. Elle aurait alors expliqué à son amie qu’elle voulait se dépêcher avant que les précipitations ne deviennent trop importantes.

Ce furent leurs derniers échanges.

Quelques heures plus tard, la situation bascule. Les eaux envahissent le secteur de l’Unité 7 avec une violence qui surprend les habitants. Dans la concession familiale, la montée des eaux est aggravée par l’effondrement d’un mur. Selon les informations rapportées après le drame, l’eau s’est engouffrée dans la maison, piégeant ses occupants.

Lorsque Ndèye Thioro Badji revient dans le secteur après avoir tenté de se rendre à Keur Massar, elle découvre un quartier méconnaissable. Les eaux ont gagné plusieurs espaces et les habitants tentent de comprendre ce qui vient de se produire.

Puis les cris retentissent : « Awa ! Awa ! Où est Mbaye ? »

La question devient rapidement le symbole d’une recherche désespérée. Thioro Badji comprend que l’enfant est lui aussi porté disparu. Des jeunes du quartier se mobilisent alors, malgré la dangerosité des lieux et la hauteur des eaux, pour tenter de retrouver la mère et son fils.

Les deux victimes seront finalement retrouvées. Les secours prennent ensuite le relais pour l’évacuation des dépouilles. Le mari d’Awa, Saliou, arrive sur place et découvre l’ampleur de la tragédie. Selon le témoignage de Thioro Badji, il avait compris que sa femme et son enfant ne survivraient pas.

La jeune femme restera aux côtés de la famille pendant ces heures particulièrement douloureuses, jusqu’à l’évacuation des corps vers les services hospitaliers.

Une femme décrite comme généreuse

Dans la douleur, les proches d’Awa refusent que son souvenir soit réduit à celui d’une victime des inondations. Ils parlent surtout d’une épouse attentive, d’une mère aimante et d’une femme connue pour sa générosité.

Le doyen et oncle de son époux témoigne d’une personnalité profondément tournée vers la famille. Il la décrit comme une femme qui cherchait à maintenir l’entente entre les proches et qui, durant sa vie conjugale, n’aurait jamais donné lieu à des reproches particuliers.

Son entourage garde également le souvenir d’une personne qui aimait partager. Les repas qu’elle préparait et son attention envers les autres sont évoqués comme autant de souvenirs qui rendent aujourd’hui sa disparition encore plus douloureuse.

Un drame qui relance la question de l’assainissement

La mort d’Awa Ngom et de son fils intervient dans un contexte particulièrement difficile pour Dakar. Les pluies du dimanche 4 octobre ont provoqué d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale et de sa banlieue. Des routes ont été submergées, la circulation fortement perturbée et plusieurs habitations touchées. Des relevés rapportés par la presse font état de cumuls importants dans différentes zones de la région.

Aux Parcelles Assainies, les habitants ont également dénoncé la vulnérabilité persistante de certains secteurs et réclament depuis longtemps des solutions permettant une évacuation plus efficace des eaux pluviales. Des riverains ont notamment pointé des difficultés d’assainissement qui, selon eux, ne datent pas d’hier.

Face à l’ampleur de la situation, le gouvernement a annoncé le déclenchement d’un plan d’urgence régional à Dakar, accompagné de la mise en place d’un comité de veille. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présidé une réunion d’urgence consacrée aux conséquences des précipitations et aux mesures à prendre face au risque de nouvelles pluies.

Le chef du gouvernement s’est également rendu aux Parcelles Assainies, notamment à l’Unité 7, pour présenter les condoléances de l’État à la famille endeuillée par la disparition d’Awa et de son fils. Cette visite est intervenue alors que les autorités renforçaient les opérations d’évacuation des eaux et la surveillance des zones les plus exposées.

Au-delà de l’urgence, le gouvernement a évoqué une réponse structurelle à la question des inondations, avec une enveloppe annoncée de 921 milliards de francs CFA destinée à renforcer les infrastructures de lutte contre les eaux pluviales et à traiter durablement plusieurs zones vulnérables.

Mais pour la famille d’Awa Ngom, ces annonces arrivent après l’irréparable.

Une mère de 25 ans et son enfant de 4 ans ne sont plus là. Leur disparition rappelle, avec une brutalité tragique, que derrière les chiffres des précipitations, les routes coupées et les quartiers inondés, il y a des familles, des enfants et des vies qui peuvent basculer en quelques minutes.

À l’Unité 7 des Parcelles Assainies, le nom d’Awa Ngom restera désormais associé à cette nuit où l’eau a emporté une mère et son fils. Et derrière les hommages, une question demeure : combien faudra-t-il encore de drames avant que les zones les plus vulnérables de Dakar soient définitivement protégées contre les inondations ?