ECONOMIE

Or au Sénégal : Fortuna Mining acquiert Bambadji pour 200 millions de dollars

Or au Sénégal : Fortuna Mining acquiert Bambadji pour 200 millions de dollars

Kédougou – Le secteur aurifère sénégalais s’apprête à connaître une nouvelle opération majeure. La société canadienne Fortuna Mining Corp a annoncé l’acquisition du projet d’exploration aurifère avancé de Bambadji, dans la région de Kédougou, auprès de Barrick et IAMGOLD. Une transaction évaluée à 200 millions de dollars américains, soit environ 120 milliards de francs CFA, qui permet à Fortuna de renforcer considérablement sa présence dans l’un des corridors aurifères les plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest.

Le projet Bambadji change de mains.

Déjà fortement implantée dans la région de Kédougou à travers son projet Diamba Sud, Fortuna Mining Corp vient de conclure l’acquisition de Bambadji, un vaste périmètre d’exploration aurifère jusqu’ici détenu par les géants miniers Barrick et IAMGOLD.

L’opération porte sur un ensemble de terrains d’environ 190 km², directement adjacent au projet Diamba Sud.

Pour Fortuna, l’enjeu dépasse donc largement l’acquisition d’un simple permis d’exploration : il s’agit de constituer un ensemble minier régional beaucoup plus vaste et de rechercher d’éventuelles continuités entre les différentes zones minéralisées.

Une opération à 200 millions de dollars

Le montant annoncé pour cette acquisition atteint 200 millions de dollars américains, soit environ 120 milliards de FCFA.

Pour le président-directeur général de Fortuna, Jorge A. Ganoza, l’opération constitue une opportunité particulièrement rare.

Le dirigeant estime que la proximité immédiate de Bambadji avec Diamba Sud permet à son groupe de consolider un vaste ensemble de terrains présentant un fort potentiel d’exploration.

Cette acquisition intervient à un moment particulièrement important pour Fortuna.

Son projet Diamba Sud est désormais beaucoup plus avancé qu’au moment de son acquisition de Chesser Resources en 2023. En février 2026, Fortuna avait annoncé une augmentation de 73 % de ses ressources aurifères indiquées à Diamba Sud, pour atteindre 1,25 million d’onces d’or.

Quelques mois plus tard, l’étude de faisabilité publiée en juin 2026 a confirmé la viabilité économique du projet.

Selon Fortuna, Diamba Sud présente une VAN après impôts d’environ 1 milliard de dollars et un taux de rentabilité interne après impôts de 60 %, sur la base d’un prix de l’or de 3 500 dollars l’once.

Bambadji, un voisin stratégique de Diamba Sud

L’intérêt de l’opération tient avant tout à la géographie.

Bambadji se trouve immédiatement à proximité de Diamba Sud, dans une zone géologique particulièrement favorable à la présence de gisements aurifères.

Le projet se situe dans le prolongement de la zone de cisaillement Sénégal-Mali, un important corridor géologique qui traverse l’est du Sénégal et l’ouest du Mali.

Cette région abrite déjà plusieurs gisements et projets aurifères majeurs.

Le ministère sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines indique d’ailleurs que le périmètre Bambadji est historiquement associé à une convention de recherche détenue par IAMGOLD et qu’une joint-venture avec Barrick avait été constituée en 2018.

La proximité entre Bambadji et Diamba Sud est donc particulièrement intéressante pour Fortuna.

L’entreprise pourra désormais travailler sur un territoire beaucoup plus vaste et rechercher des connexions géologiques entre les différentes anomalies et cibles déjà identifiées.

Un territoire déjà exploré par les grands groupes

Bambadji n’est pas une zone vierge.

L’exploration aurifère y remonte à plusieurs décennies. Les premiers travaux documentés ont notamment été réalisés dans les années 1990 par Anmercosa Exploration, filiale d’Anglo American, en partenariat avec IAMGOLD.

Ashanti Goldfields a ensuite poursuivi certaines campagnes d’exploration, avant que IAMGOLD ne continue ses travaux au cours des années suivantes.

Barrick a par la suite intensifié l’exploration sur la joint-venture Bambadji.

Des campagnes de forage ont notamment permis d’identifier plusieurs zones présentant un potentiel aurifère, dont Gefa, Kabewest, Fatima, Soya et Madina.

Des données historiques font notamment état de résultats encourageants sur plusieurs cibles, avec une minéralisation identifiée sur des corridors de plusieurs kilomètres.

Fortuna ne part donc pas d’une page blanche.

La compagnie récupère un important volume de données géologiques accumulées au fil de plusieurs décennies d’exploration.

51 000 mètres de forage dès 2026

Fortuna entend rapidement passer à l’action.

La société a déjà prévu une enveloppe initiale de 8 millions de dollars américains pour 2026 afin de lancer une importante campagne d’exploration.

L’objectif annoncé est de réaliser environ 51 000 mètres de forage.

Le programme doit commencer au cours du troisième trimestre 2026.

Les travaux viseront en priorité plusieurs cibles avancées situées à proximité de la future usine de traitement associée au projet Diamba Sud.

Cette stratégie pourrait permettre à Fortuna d’identifier de nouvelles ressources susceptibles, à terme, d’être intégrées au développement régional du projet.

L’objectif : agrandir le futur complexe aurifère

L’intérêt stratégique de Bambadji apparaît encore plus clairement lorsqu’on examine le calendrier de Diamba Sud.

Fortuna a désormais franchi une étape importante avec la publication de l’étude de faisabilité du projet.

La société envisage un développement sous forme de mine à ciel ouvert avec un procédé classique de traitement par lixiviation au carbone (CIL).

L’acquisition de Bambadji permet donc à Fortuna d’envisager un scénario d’expansion autour de ce futur centre minier.

Si les campagnes de forage confirment la continuité et l’importance des minéralisations, certaines ressources découvertes à proximité pourraient potentiellement renforcer la durée de vie ou la capacité du futur complexe.

Il faudra cependant attendre les résultats des travaux d’exploration et les études techniques correspondantes avant de tirer des conclusions définitives.

Un investissement qui renforce la position de Fortuna au Sénégal

Fortuna est déjà devenue un acteur important de l’or sénégalais grâce à Diamba Sud.

L’entreprise avait acquis Chesser Resources en 2023, ce qui lui avait permis de récupérer le projet situé dans la région de Kédougou.

Depuis, le groupe a considérablement fait progresser le dossier.

L’augmentation des ressources à 1,25 million d’onces d’or indiquées annoncée en février dernier constitue notamment une étape importante dans le développement du projet.

Avec Bambadji, Fortuna franchit donc une nouvelle étape : l’entreprise ne se contente plus de développer un projet unique, mais cherche à consolider une position régionale dans l’une des zones aurifères les plus prometteuses du Sénégal.

Un intérêt croissant pour l’or de Kédougou

La région de Kédougou occupe depuis longtemps une place centrale dans l’industrie aurifère sénégalaise.

Elle abrite notamment plusieurs projets et opérations minières importantes et se situe dans une continuité géologique avec les grands districts aurifères de l’ouest du Mali.

Les données géologiques de Diamba Sud indiquent que le projet se trouve dans le craton ouest-africain, au sein d’un environnement géologique favorable aux systèmes aurifères orogéniques.

La concentration progressive de grands acteurs miniers dans cette zone témoigne donc de l’importance stratégique du corridor.

L’acquisition de Bambadji par Fortuna pourrait contribuer à accélérer encore les travaux d’exploration dans cette partie du pays.

Quels bénéfices pour le Sénégal ?

Au-delà de la transaction financière entre entreprises, l’opération pourrait avoir des retombées importantes pour l’économie sénégalaise si les travaux d’exploration débouchent sur de nouvelles découvertes puis sur une exploitation industrielle.

Les principales retombées potentielles concernent notamment les emplois, les services locaux, les infrastructures, les achats auprès des fournisseurs sénégalais et, à terme, les recettes fiscales et minières.

Il faudra toutefois distinguer clairement l’exploration de l’exploitation.

À ce stade, Bambadji demeure un projet d’exploration. Les 200 millions de dollars annoncés correspondent au prix de l’acquisition et non à un investissement de 200 millions de dollars dans une mine déjà en production.

La campagne de forage prévue en 2026 doit précisément permettre de mieux définir le potentiel économique du périmètre.

Une nouvelle étape dans la course à l’or sénégalais

L’opération Fortuna-Bambadji illustre finalement la compétition croissante autour des terrains aurifères de l’est du Sénégal.

En consolidant Bambadji avec Diamba Sud, Fortuna cherche à créer un ensemble d’exploration beaucoup plus cohérent et potentiellement capable d’accueillir, à terme, plusieurs zones minières autour d’une même infrastructure de traitement.

La réussite de cette stratégie dépendra désormais des résultats des 51 000 mètres de forage programmés.

Si les campagnes confirment les indices déjà identifiés par les précédents opérateurs, Fortuna pourrait disposer d’un potentiel d’expansion significatif autour de Diamba Sud.

Pour le Sénégal, cette acquisition confirme en tout cas l’attractivité persistante de la région de Kédougou auprès des grands investisseurs miniers internationaux.

Avec 200 millions de dollars engagés pour Bambadji et plusieurs millions supplémentaires mobilisés pour l’exploration, Fortuna affiche clairement son ambition : faire de Diamba Sud et de son environnement immédiat un nouveau pôle aurifère majeur du Sénégal.

La Rédaction de Sunuker Desk News

James Dillinger

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