ONU : à la tribune de l’ONU, Diomaye Faye relance la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général
La candidature de Macky Sall à la succession d’António Guterres vient de recevoir un soutien public et solennel du président Bassirou Diomaye Faye. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, jeudi 24 septembre à New York, le chef de l’État sénégalais a officiellement renouvelé l’appui de Dakar à son prédécesseur et appelé les États membres à soutenir sa candidature.
Dans un contexte international marqué par les guerres, les tensions géopolitiques et les interrogations sur l’avenir du multilatéralisme, Bassirou Diomaye Faye a présenté Macky Sall comme un profil susceptible de favoriser le dialogue entre les différentes composantes de la communauté internationale.
« Au-delà des réformes, l’Organisation a aussi besoin d’un leadership expérimenté pour conduire son action en ces temps de crises et d’incertitudes », a déclaré le président sénégalais. Il a ajouté que l’ONU avait besoin d’un secrétaire général capable de « parler à tous, d’écouter et de bâtir des ponts entre les États membres », avant d’affirmer : « C’est la vision que porte Monsieur Macky Sall ».
Ce soutien prend une dimension particulière compte tenu du parcours politique des deux hommes. Macky Sall a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, tandis que Bassirou Diomaye Faye lui a succédé après une élection présidentielle remportée en mars 2024 par le candidat porté par Pastef. Leur relation politique a été marquée par une opposition très forte avant l’alternance, mais Dakar défend aujourd’hui la candidature de l’ancien président sur la scène internationale.
Quelques heures après le discours présidentiel, Macky Sall a lui-même réagi sur les réseaux sociaux. Il a remercié Bassirou Diomaye Faye ainsi que le président burundais Évariste Ndayishimiye pour leur soutien renouvelé. Il a également évoqué les échanges qu’il a eus avec le chef de l’État sénégalais à New York autour de sa candidature et des prochaines étapes du processus de sélection.
Cette séquence diplomatique intervient alors que la course à la succession d’António Guterres entre dans une phase décisive. Le mandat du secrétaire général portugais arrive à son terme le 31 décembre 2026. Selon la procédure prévue par la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité doit recommander un candidat à l’Assemblée générale, qui procède ensuite à la nomination.
Macky Sall a été officiellement inscrit dans le processus le 2 mars 2026, après sa nomination par le Burundi. Son dossier figure sur la liste publique des candidats tenue par les Nations unies, avec son curriculum vitae, sa vision pour l’Organisation et ses documents de campagne. Il a également participé au dialogue interactif organisé par l’ONU avec les candidats le 22 avril.
La candidature sénégalaise évolue toutefois dans une compétition internationale particulièrement complexe. Plusieurs personnalités issues de différentes régions du monde ont été officiellement présentées, parmi lesquelles Rafael Mariano Grossi, Rebeca Grynspan, María Fernanda Espinosa, Carolyn Rodrigues-Birkett et Olara Otunnu. Le processus a également connu des retraits et des évolutions depuis son lancement.
Le rôle du Conseil de sécurité sera déterminant. Les cinq membres permanents — États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni — disposent du pouvoir de veto. Une candidature ne peut donc aboutir sans parvenir à franchir cette étape, indépendamment du soutien politique dont elle bénéficie auprès d’autres États membres.
C’est précisément ce point que Bassirou Diomaye Faye avait souligné dans un entretien accordé jeudi à RFI et France 24. Interrogé sur les perspectives de son prédécesseur, le président sénégalais a déclaré ne pas partager les analyses pessimistes concernant la candidature de Macky Sall. Il a rappelé que les candidats considérés comme disposant de réelles possibilités ne pourront être identifiés définitivement qu’au moment où les cinq membres permanents auront arrêté leur position.
Le président sénégalais inscrit par ailleurs le soutien à Macky Sall dans une réflexion plus large sur la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Dans son discours, il a dénoncé le décalage entre les institutions internationales actuelles et les réalités géopolitiques contemporaines, notamment concernant la composition du Conseil de sécurité.
Dakar a également annoncé sa propre candidature à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2032-2033. Le Sénégal entend ainsi poursuivre son engagement diplomatique au sein des Nations unies et défendre la position africaine sur la réforme de l’architecture multilatérale.
Le soutien à Macky Sall doit donc être replacé dans cette stratégie diplomatique globale. Pour le pouvoir sénégalais, il ne s’agit pas uniquement de défendre un ancien chef de l’État, mais aussi de promouvoir un candidat africain dans une compétition dont l’issue aura une portée symbolique pour le continent.
La question du soutien africain reste toutefois plus nuancée qu’une simple désignation continentale. Les documents officiels de l’ONU établissent que la candidature de Macky Sall a été formellement présentée par le Burundi. Par ailleurs, un document publié en mars par l’équipe de campagne de l’ancien président indiquait qu’un projet de décision de l’Union africaine destiné à soutenir sa candidature n’avait pas été adopté après l’intervention de plusieurs États membres dans la procédure de silence.
Cette précision est importante alors que la bataille diplomatique s’intensifie. Le continent africain cherche depuis plusieurs années à obtenir une représentation accrue dans les institutions internationales, mais les États africains peuvent avoir des positions différentes sur les candidatures aux postes internationaux.
Pour Macky Sall, l’enjeu est désormais de transformer les soutiens politiques déjà affichés en appuis suffisamment larges au sein du Conseil de sécurité. Son expérience de chef d’État et son passage à la présidence de l’Union africaine en 2022 constituent des éléments mis en avant dans sa campagne. Sa propre équipe présente également son programme autour de trois axes : paix et sécurité, développement et droits humains, ainsi que réforme et efficacité du fonctionnement de l’Organisation.
Le calendrier international rend cette bataille particulièrement sensible. António Guterres quittera ses fonctions à la fin de l’année et le prochain secrétaire général devra prendre les commandes d’une Organisation confrontée à plusieurs crises simultanées, à des tensions entre grandes puissances, à des difficultés financières et à des débats persistants sur la réforme du système multilatéral.
À New York, Bassirou Diomaye Faye a donc choisi de rendre public un soutien qui, jusque-là, s’inscrivait déjà dans la diplomatie sénégalaise. Pour Macky Sall, cette intervention présidentielle constitue un appui politique important dans la poursuite de sa campagne internationale. Mais l’issue de la procédure dépendra des discussions entre les membres du Conseil de sécurité et, en dernier ressort, de la recommandation adressée à l’Assemblée générale.
La bataille pour la succession d’António Guterres est ainsi entrée dans une phase où les déclarations publiques comptent, mais où les négociations diplomatiques entre États pèseront lourdement sur la suite du processus.
Sunuker News Desk














































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