Le tribunal correctionnel de Dakar s’est transformé en un véritable champ de bataille juridique lors du procès opposant la dame Awa Baldé au célèbre promoteur de lutte Aziz Ndiaye. Au cœur de ce feuilleton judiciaire ultra-médiatisé : une transaction immobilière portant sur une parcelle de 7 000 mètres carrés située à Ngaparou, sur la Petite-Côte, devenue source d’accusations mutuelles d’escroquerie et de chantage.
Version contre version : Un fossé de millions et une villa fantôme
Le différend, dont l’origine remonte à l’année 2018, cristallise deux lectures radicalement opposées de la transaction. Devant le juge, Awa Baldé a affirmé avoir cédé ce terrain, qui appartenait initialement à son ex-époux et pour lequel elle disposait d’une procuration, contre une promesse financière majeure. Selon elle, le promoteur s’était engagé à lui verser 120 millions de F CFA, assortis de la livraison d’une villa clé en main évaluée à 350 millions de F CFA.
La plaignante soutient n’avoir perçu qu’un acompte initial de 25 millions de F CFA, suivi de quelques versements fractionnés pour un total de 37 millions de F CFA reçus à son bureau, ainsi que 10 millions de F CFA octroyés après des dénonciations sur les réseaux sociaux. Estimant avoir été flouée, elle réclame désormais 200 millions de F CFA de dommages et intérêts. Pour appuyer la valeur du bien, sa défense rappelle qu’il ne s’agissait pas d’un terrain nu mais d’un verger viabilisé comprenant un poulailler, deux puits, des manguiers et une clôture ayant coûté 30 millions de F CFA.
À la barre, Aziz Ndiaye a catégoriquement rejeté ces accusations, niant l’existence d’une quelconque dette ou d’un compromis incluant une maison. Le patron d’Albrakha affirme que c’est la plaignante qui l’a démarché pour lui céder ce bien acheté à 11 millions de F CFA en 2011. Après négociations, le prix final aurait été arrêté à 50 millions de F CFA. Le promoteur assure s’être intégralement acquitté de cette somme et détenir une décharge signée par Awa Baldé attestant du paiement global. Face à ce qu’il qualifie de dénonciation calomnieuse, il réclame 10 millions de F CFA pour abus de constitution de partie civile.
La bataille des avocats et l’arbitrage du tribunal
Dans les plaidoiries, la guerre des chiffres a fait rage entre les conseils des deux parties :
Pour la défense d’Awa Baldé, Mes Ramatoulaye Ba et Ousseynou Ngom ont souligné la bonne foi de leur cliente qui n’a pas pris toutes les garanties notariales face à un homme de confiance. Ils estiment la valeur vénale réelle de la parcelle à près d’un milliard 750 millions de F CFA, rendant dérisoire l’hypothèse d’une vente à seulement 50 millions, et ont sollicité la nomination d’un expert foncier.
Pour le camp d’Aziz Ndiaye, Mes Souleymane Soumaré et Moussa Konaté ont brandi les preuves écrites des versements, notamment une décharge liée à un paiement de 10 millions de F CFA effectué par l’intermédiaire de l’homme d’affaires Elimane Lam. Évoquant un dossier similaire déjà classé sans suite par le Pool judiciaire financier (PJF), ils ont demandé le rejet pur et simple de la demande d’expertise.
Après avoir consigné l’ensemble des arguments et des pièces justificatives, le président du tribunal a clos les débats et mis l’affaire en délibéré. Le verdict final, particulièrement attendu par les observateurs du secteur immobilier et du monde de la lutte, est fixé au 23 septembre 2026.
La Rédaction — Sunuker.net


















































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