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Migration irrégulière : Les pirogues se multiplient, le gouvernement reste silencieux

​Les départs se multiplient, les interceptions en mer se succèdent et les drames migratoires continuent d’être signalés sur les routes de l’Atlantique. Pourtant, face à cette recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Espagne, la communication des autorités sénégalaises reste particulièrement attendue.

​Depuis plusieurs mois, les embarcations de migrants se multiplient au large des côtes ouest-africaines. Presque chaque jour, de nouvelles arrivées sont signalées dans l’archipel espagnol des Canaries, tandis que d’autres pirogues sont interceptées en mer par les forces de sécurité. Une partie importante de ces départs s’effectue depuis les côtes sénégalaises et gambiennes, avec de nombreux ressortissants sénégalais à bord.

​Les données de terrain publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour avril et mai 2026 montrent que le phénomène reste très actif. Durant cette période, les équipes de suivi ont recensé huit départs de migrants et une pirogue aperçue en haute mer, impliquant au total 1 475 personnes. Elles ont également signalé 880 personnes impliquées dans des préparatifs de départ.

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​Sur la même période, 1 544 migrants sont arrivés par voie maritime aux Canaries, contre 1 559 en avril et mai 2025, soit une légère baisse de 1 %. Ces données montrent que, malgré le recul enregistré sur certaines périodes, les réseaux de départ et les préparatifs de traversées restent fortement structurés.

​Derrière ces chiffres se dessine une réalité préoccupante : celle de milliers de personnes prêtes à affronter les dangers de l’Atlantique dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Une traversée périlleuse, marquée par les risques permanents de naufrage, les disparitions en mer et les lourdes pertes en vies humaines.

​Des drames en série, mais aucune réponse sur le sort des Sénégalais

​Ces derniers jours, des drames migratoires ont également été signalés en Gambie, en Mauritanie et dans d’autres zones de départ ou de transit. Des opérations de recherche et des découvertes de corps alimentent les inquiétudes sur le sort des candidats à l’émigration.

​Mais une question demeure : des Sénégalais figurent-ils parmi les victimes et les personnes portées disparues ? En l’absence d’informations officielles suffisamment précises, il reste difficile d’établir leur éventuelle implication dans ces tragédies.

​Cette incertitude renforce les interrogations et la détresse des familles, qui restent sans nouvelles de leurs proches partis en mer. Elle souligne également l’urgence d’une coordination entre les pays concernés pour identifier les victimes, informer les familles et établir des bilans fiables.

​Un silence officiel qui interroge

​Face à la répétition des départs, des interceptions et des drames, l’absence de communication gouvernementale clairement identifiable sur l’ampleur récente du phénomène et sur le sort des éventuels ressortissants sénégalais suscite de vives interrogations.

​Quelles mesures les autorités comptent-elles prendre pour freiner les départs ? Quel dispositif est prévu pour accompagner les familles sans nouvelles de leurs proches ? Des mécanismes de coopération ont-ils été renforcés avec les autorités gambiennes, mauritaniennes et espagnoles afin de mieux documenter les naufrages et les disparitions ?

​Autant de questions qui appellent des réponses publiques. Car au-delà des statistiques sur les arrivées en Espagne et les interceptions en mer, la migration irrégulière demeure une question humaine, sociale et sécuritaire majeure.

​Le silence des autorités ne permet pas, à lui seul, de conclure à une absence d’action de l’État. Mais dans un contexte où les départs semblent se poursuivre à un rythme soutenu, une communication régulière, transparente et documentée apparaît plus que jamais indispensable.