Le tribunal de grande instance de Mbour a jugé à l’audience des flagrants délits une affaire de violences graves ayant pour origine un différend lié à la divagation de bétail dans un champ. À la barre, Sombel Faye est poursuivi pour avoir sectionné deux doigts à Birane Sall lors d’une altercation survenue après l’intrusion de bœufs dans un champ cultivé.
Selon les débats, les animaux de l’éleveur se sont introduits dans l’exploitation agricole de la victime. Lorsque Birane Sall lui a demandé de faire sortir les bêtes, Sombel Faye s’est exécuté avant de les laisser à nouveau divaguer, affirmant que le terrain ne lui appartenait pas.
La situation a rapidement dégénéré. Birane Sall a été grièvement blessé à la main, perdant deux doigts. Face au tribunal, le prévenu a nié avoir été armé d’un coupe-coupe. Une déclaration qui a suscité l’étonnement du président de la juridiction. « Vous êtes le premier éleveur qui ne garde pas sur lui de coupe-coupe », lui a-t-il lancé.
Contestant les faits qui lui sont reprochés, Sombel Faye a soutenu avoir été pris à partie par six personnes.
« Ils se sont rués sur moi. J’ai préféré m’enfuir », a-t-il déclaré, ajoutant avoir indiqué à ses interlocuteurs que les bœufs incriminés ne lui appartenaient pas. Le juge lui a toutefois rappelé qu’au cours de l’enquête préliminaire, il avait reconnu les faits. Une contradiction à laquelle le prévenu n’a pas apporté d’explication convaincante.
Le dossier révèle également l’existence d’une seconde victime. Un homme nommé Mapathé, venu lui demander de quitter les lieux, aurait reçu un coup de lame à la jambe, occasionnant une blessure.
Plaidant pour la partie civile, Me Omar Sène a dénoncé l’attitude d’un prévenu de mauvaise foi. L’avocat a sollicité la condamnation de Sombel Faye au paiement de 10 millions de francs CFA de dommages et intérêts au profit de Birane Sall.
« On sait tous à quoi servent les doigts, surtout lorsqu’on en perd deux », a-t-il soutenu devant le tribunal.
Dans cette affaire figure également Khalifa Ababacar Sarr, présenté comme coprévenu. Venu porter assistance à son père lors de l’incident, il se serait retrouvé impliqué dans une altercation avec Sombel Faye.
Estimant les faits suffisamment caractérisés, le représentant du ministère public a requis une peine de trois ans d’emprisonnement contre Sombel Faye.
De son côté, la défense, assurée par Me Fadel Fall, a demandé la clémence du tribunal en faveur de son client.
Le délibéré est attendu le 16 juin.
Publié le: Mercredi 10 Juin 2026















































Laisser une réponse
View Comments