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Par Luc Ferry
CHRONIQUE – Par peur, à moins que ce ne soit par intérêt, nous refusons de voir que, dans cent ans, le monde n’aura plus grand-chose de commun avec celui que nous connaissons.
«Déconstruire les prévisions catastrophistes, c’est prendre le risque de rassurer, donc de démobiliser», estime Luc Ferry. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
Comme promis la semaine dernière, je reviens sur le passionnant livre de ces deux auteurs canadiens, John Ibbitson et Darrell Bricker (Planète vide, Les Arènes, 2020), qui démontrent, en s’appuyant sur les recherches les plus récentes en matière de démographie, le caractère inexorable de la décrue de la population mondiale. Selon leurs conclusions, elle ne devrait jamais dépasser les 8,5 milliards d’individus, à peine plus que son niveau actuel.
Comme cette prévision contredit tout ce que nous disent les écologistes depuis un demi-siècle, il est bon d’étudier de près leurs arguments avant de se faire une opinion. À les en croire, la stabilisation, puis la baisse de la population seraient liées à trois lames de fond planétaires: l’urbanisation, qui fait bondir le coût du logement et de l’éducation des enfants, l’affaissement du pouvoir des religions un peu partout dans le monde malgré l’entrée en résistance de l’islam (une réaction qui en est du reste la conséquence), mais plus encore l’émancipation
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