POLITIQUE

Crise budgétaire au Sénégal : 20 organisations de la société civile interpellent Diomaye et l’Assemblée nationale

Crise budgétaire au Sénégal : 20 organisations de la société civile interpellent Diomaye et l’Assemblée nationale

Face aux tensions institutionnelles autour des lois de finances 2026 et 2027, la société civile sénégalaise sort de sa réserve. Une vingtaine d’organisations ont lancé un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au président de l’Assemblée nationale afin qu’ils privilégient le dialogue pour sortir de l’impasse budgétaire. Leur principale préoccupation : éviter que les divergences entre les institutions ne finissent par pénaliser directement les populations.

Dans une déclaration rendue publique le 5 novembre 2026, ces organisations expriment leur vive inquiétude après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 et face aux incertitudes entourant l’examen et l’adoption du budget initial de 2027.

Parmi les signataires figurent notamment le Réseau Siggil Jigeen, Présence chrétienne, Afrikajom Center, le Forum du Justiciable, l’ONG 3D, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) et le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE).

Pour ces acteurs, la situation intervient dans un contexte économique et financier particulièrement délicat, marqué par les contraintes budgétaires, la hausse du coût de la vie, les difficultés liées à l’emploi et des attentes sociales toujours plus importantes.

Les signataires estiment que le rejet de la LFR accentue les incertitudes financières du pays. Ils mettent notamment en garde contre les risques de défaut de paiement et de difficultés susceptibles de compromettre le fonctionnement normal de l’État. Ils redoutent qu’un blocage prolongé affecte la continuité des services publics, le financement des programmes sociaux et les politiques destinées à soutenir la relance économique.

La société civile refuse que les populations paient le prix du bras de fer

Au-delà des considérations budgétaires, les organisations regrettent que les divergences entre les responsables politiques et institutionnels prennent progressivement le dessus sur les préoccupations quotidiennes des citoyens.

Elles reconnaissent que les désaccords et les rapports de force constituent des réalités normales dans une démocratie. Toutefois, elles rappellent que leur règlement doit impérativement s’effectuer dans le respect de la Constitution, des compétences propres à chaque institution et de l’intérêt général.

Pour les signataires, le fonctionnement harmonieux des institutions républicaines demeure indispensable à la stabilité du pays et à la poursuite des politiques publiques. Aucun différend politique ne devrait, selon eux, compromettre les intérêts fondamentaux de la population.

C’est pourquoi ils invitent solennellement le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale à ouvrir un cadre de dialogue et de concertation. L’objectif est de parvenir à une issue respectueuse des prérogatives institutionnelles, dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel.

Vingt organisations prêtes à contribuer à une sortie de crise

Les organisations signataires ne se limitent pas à un simple appel à l’apaisement. Elles proposent également leur disponibilité pour accompagner toute initiative constructive susceptible de faciliter le rapprochement entre les différentes institutions.

Elles entendent ainsi jouer leur rôle de veille citoyenne et contribuer à la consolidation de la démocratie sénégalaise.

Le communiqué est signé par vingt structures : COSCE, PACTE, Afrikajom Center, Forum du Justiciable, ONG 3D, Réseau Siggil Jigeen, Présence chrétienne, ONDH, AFEX, GRADEC, Dialogue citoyen, OSIDEA, CONASUB, CERAG, RADDHO, Handicap Form Educ, LSDH, Voix des victimes, AJED et Bokk Joom.

Cet appel intervient alors que les tensions budgétaires dépassent désormais le seul cadre de la loi de finances rectificative. Les discussions autour du budget 2027 et les désaccords entre l’Exécutif et le Parlement entretiennent également les incertitudes sur le calendrier financier du pays.

Dans ce contexte, la société civile rappelle une exigence fondamentale : les divergences institutionnelles ne doivent pas se transformer en crise durable au détriment des citoyens. Pour ces organisations, le dialogue, la responsabilité et le respect des institutions doivent reprendre le dessus afin de préserver la stabilité nationale et la continuité de l’action publique.

Sunuker News Desk

James Dillinger

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