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États-Unis : Muhamed Dieye et 13 complices présumés poursuivis dans une affaire de fraude bancaire de 373 millions de dollars

États-Unis : Muhamed Dieye et 13 complices présumés poursuivis dans une affaire de fraude bancaire de 373 millions de dollars

Une vaste opération présumée de piratage de comptes bancaires, d’usurpation d’identité et de corruption au sein d’établissements financiers et de sociétés de télécommunications vient d’être mise au jour aux États-Unis. Quatorze personnes, dont un homme de 35 ans présenté par les autorités comme le cerveau de l’opération, ont été inculpées dans une affaire portant sur près de 3 000 victimes potentielles et des comptes bancaires totalisant plus de 373 millions de dollars.

Une affaire de fraude financière d’une ampleur considérable secoue les États-Unis. Le procureur fédéral du district nord du Texas, Ryan Raybould, a annoncé, le 3 novembre 2026, l’inculpation de quatorze personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste réseau criminel spécialisé dans la prise de contrôle frauduleuse de comptes bancaires à travers le territoire américain.

Au centre de cette affaire figure Muhamed Dieye, âgé de 35 ans et résidant à Dallas, au Texas. Connu sous plusieurs pseudonymes, notamment « MJ », « JayJay », « Medici » et « Lambomotion Tony », il est présenté par les enquêteurs comme le principal organisateur et l’architecte présumé de cette entreprise criminelle.

L’acte d’accusation, comprenant 22 chefs d’inculpation, avait été adopté par un grand jury fédéral le 26 août dernier. Il a été rendu public le 3 novembre, à la suite de l’arrestation en Floride de Terrence Dudley, également connu sous le nom de Willy Watkins, considéré par les autorités comme un acteur important du réseau présumé.

Les treize autres personnes poursuivies sont Maurice Rashad McDuffie, Saad Nashat Botros, Sammed Kweku Okyne, Renaldo Santez Gaines, Alphonso Brndon Seke-Horton, Terry Leon Daniels Jr., Jamel Allen Small, Kemar Fitzroy Needham, Kevin Brandon Flores Cazares, Dylon Amari Ruby, Courtney Jane Sutton et une personne identifiée par les initiales C.S., en plus de Terrence Dudley.

Près de 3 000 victimes et plus de 373 millions de dollars dans le viseur

Selon les éléments présentés par les procureurs, Muhamed Dieye aurait détenu un fichier informatique contenant des renseignements personnels et professionnels détaillés sur près de 3 000 personnes. Les comptes bancaires associés à ces informations représentaient collectivement plus de 373 millions de dollars.

Entre juillet 2023 et novembre 2024, les membres présumés de cette organisation auraient développé une méthode particulièrement sophistiquée pour accéder aux comptes de leurs victimes et contourner les dispositifs de sécurité des établissements financiers.

Le procédé reposait notamment sur la collecte de données personnelles, la fabrication et la circulation de faux documents d’identité, ainsi que l’usurpation de l’identité des véritables titulaires de comptes bancaires.

Les enquêteurs évoquent également le recours à des techniques de manipulation des lignes téléphoniques, notamment le spoofing et le SIM swapping. Ces méthodes permettent respectivement de falsifier l’identité d’un numéro appelant et de transférer frauduleusement le numéro de téléphone d’une victime vers une autre carte SIM.

L’objectif aurait été de prendre le contrôle des communications des clients, d’intercepter les codes de vérification envoyés par les banques et de neutraliser ainsi certaines procédures d’authentification.

Plus préoccupant encore, les enquêteurs soupçonnent certains employés d’établissements bancaires et de sociétés de télécommunications d’avoir apporté leur concours au réseau. Ces complicités internes auraient permis de contourner les contrôles de sécurité et de faciliter l’accès aux comptes ciblés.

Des banques américaines ciblées et une tentative de transfert de 2 millions de dollars

Plusieurs grandes institutions financières américaines figurent parmi les établissements dont les comptes auraient été compromis ou visés par les opérations frauduleuses. Il s’agit notamment de Truist Bank, Bank of America, First Bank, Woodforest National Bank, JPMorgan Chase Bank et Charles Schwab.

Parmi les opérations décrites dans l’acte d’accusation figure une tentative particulièrement spectaculaire de transfert de 2 millions de dollars vers Emirates Islamic Bank, aux Émirats arabes unis.

Les suspects auraient également utilisé des pseudonymes faisant référence à des figures de la criminalité organisée et de l’extrémisme violent, notamment « OsamaCapone » et « OsamaBin57 », pour coordonner certaines de leurs opérations.

Les autorités américaines n’affirment toutefois pas que les 373 millions de dollars ont été effectivement dérobés. Ce montant correspond à la valeur cumulée des avoirs présents sur les comptes recensés dans le fichier présumé. Il ne doit donc pas être confondu avec le préjudice financier réellement subi par les victimes.

Muhamed Dieye arrêté alors qu’il tentait de quitter les États-Unis

L’un des épisodes les plus marquants de cette affaire concerne les circonstances de l’arrestation du principal suspect présumé.

D’après les documents judiciaires présentés par le ministère public, Muhamed Dieye aurait organisé son départ des États-Unis avec sa famille. Le groupe aurait quitté son domicile de Dallas, expédié une grande partie de ses biens personnels au Kenya, puis rejoint New York dans le but d’embarquer à bord d’un vol aller simple à destination de la Malaisie.

Les autorités fédérales auraient rapidement obtenu un mandat d’arrêt grâce à la coordination entre le bureau du procureur et le service de sécurité diplomatique américain.

L’interpellation serait intervenue à l’aéroport international John-F.-Kennedy de New York, après que le suspect eut fait scanner sa carte d’embarquement.

Selon la version des procureurs, Dieye aurait opposé une résistance physique aux agents fédéraux et tenté de détruire l’un de ses téléphones portables, susceptible de contenir des éléments de preuve. Les enquêteurs indiquent notamment que l’appareil renfermait des recherches relatives à l’achat d’une maison en Malaisie. Plusieurs agents auraient été nécessaires pour maîtriser le suspect.

Initialement, un magistrat fédéral du district est de New York avait ordonné sa remise en liberté sous caution. Le ministère public a immédiatement contesté cette décision et obtenu une suspension d’urgence de sa libération. Muhamed Dieye a ensuite été transféré dans le district nord du Texas, où il demeure détenu avec plusieurs de ses coaccusés dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.

Une coopération internationale et de lourdes peines encourues

L’enquête a mobilisé un important dispositif de coopération entre plusieurs agences américaines. Le Diplomatic Security Service a conduit les investigations avec l’appui notamment du Secret Service, du FBI, des services d’enquête sur les fraudes postales, de Homeland Security Investigations, de la Drug Enforcement Administration et des services des douanes et de protection des frontières.

L’Office of Overseas Criminal Investigations de l’ambassade des États-Unis à Dakar, au Sénégal, figure également parmi les structures ayant apporté leur concours aux investigations. Cette participation témoigne de la dimension internationale de la coopération judiciaire déployée dans ce dossier, sans que les autorités américaines aient pour autant établi, dans leur communiqué, un lien avec une quelconque activité criminelle au Sénégal.

Sur le plan judiciaire, les quatorze personnes poursuivies font face à différentes accusations, notamment association de malfaiteurs en vue de commettre des fraudes bancaires et électroniques, fraude bancaire, fraude électronique et usurpation aggravée d’identité.

En cas de condamnation, les infractions de complot en vue de commettre une fraude bancaire peuvent être punies d’une peine maximale de 30 ans d’emprisonnement. Le complot visant à commettre une fraude électronique expose, quant à lui, à une peine pouvant atteindre 20 ans de prison. L’usurpation aggravée d’identité entraîne une peine obligatoire supplémentaire de deux ans, qui doit être exécutée consécutivement aux autres peines prononcées.

Le dossier est suivi par Michael J. Murtha, procureur fédéral adjoint spécialisé dans les affaires criminelles majeures.

Cette affaire met en lumière les vulnérabilités auxquelles peuvent être confrontés les systèmes bancaires et les réseaux de télécommunications lorsqu’une organisation criminelle parvient à combiner vol de données personnelles, manipulation technologique et éventuelles complicités internes.

Il convient toutefois de rappeler que les quatorze personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Leur culpabilité devra être établie devant les juridictions compétentes.

Sunuker News Desk

Source : ministère américain de la Justice, bureau du procureur fédéral du district nord du Texas, communiqué du 3 novembre 2026.

James Dillinger

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