LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •

LFR 2026 : Ayib Daffé accuse le gouvernement de « budget caché » et exige une nouvelle copie

LFR 2026 : Ayib Daffé accuse le gouvernement de « budget caché » et exige une nouvelle copie

Le bras de fer autour de la Loi de finances rectificative 2026 se poursuit à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire Pastef rejette les prévisions du gouvernement, qu’il juge éloignées de la réalité de l’exécution budgétaire. Son président, Ayib Daffé, réclame une révision des dépenses d’investissement et une nouvelle loi de finances rectificative fondée, selon lui, sur des hypothèses plus réalistes.

La crise autour de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 prend une nouvelle dimension. Le groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, maintient son opposition au texte présenté par le gouvernement. Au cœur de ses critiques : le manque de réalisme des prévisions budgétaires et, surtout, le respect du principe de sincérité budgétaire.

Son président, Ayib Daffé, estime que les projections retenues par l’exécutif ne correspondent pas au niveau réel d’exécution des dépenses, particulièrement dans le domaine des investissements. Selon lui, une analyse objective de la situation arrêtée à la fin du mois de septembre 2026 aurait dû conduire à revoir à la baisse les crédits de paiement prévus pour ces investissements.

Le député avance qu’en retenant une hypothèse maximale d’absorption de 80 % des crédits d’investissement sur l’ensemble de l’année, les dépenses concernées devraient être réduites d’environ 450 milliards de francs CFA. Une révision qui aurait, selon ses calculs, des conséquences directes sur le déficit budgétaire projeté à 7,6 %.

Ayib Daffé soutient qu’une telle correction permettrait au Sénégal de gagner entre 1,6 et 2 points de déficit. Il considère ainsi que le déficit réel pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 5 et 6 %, plutôt qu’au niveau annoncé dans le document gouvernemental.

Pour le président du groupe Pastef, l’enjeu dépasse la simple présentation de chiffres. Revoir le déficit revient également à réévaluer les besoins de financement de l’État et, par conséquent, le recours à l’endettement. Dans un contexte marqué par les controverses sur la dette publique et les informations financières héritées des exercices précédents, le député met en garde contre un nouveau manque de transparence. « On a connu le problème de la dette cachée, on ne peut pas avoir également un problème de budget caché », avertit-il.

La sincérité budgétaire au cœur de la controverse

Ayib Daffé reproche également au ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, de confondre deux notions distinctes : la sincérité budgétaire et la sincérité comptable.

Pour défendre sa position, il invoque l’article 30 de la loi organique relative aux lois de finances. Cette disposition impose, selon son interprétation, que les prévisions de recettes et de dépenses reposent sur des données fiables et des hypothèses réalistes et prudentes.

Le parlementaire estime que les projections contenues dans la LFR 2026 ne satisfont pas à ces exigences. Il demande donc à l’exécutif de revoir le document et de présenter une nouvelle version conforme aux principes de sincérité et de transparence budgétaires.

Au-delà des équilibres financiers, Pastef dénonce également des arbitrages qui toucheraient des investissements jugés prioritaires. Ayib Daffé cite notamment le projet de grand transfert d’eau, initialement inscrit dans la loi de finances initiale 2026 à hauteur de 50 milliards de francs CFA, mais qui ne ferait l’objet que d’une nouvelle inscription de 8 milliards en 2027.

Le député évoque aussi la suppression de crédits de paiement destinés à la construction de 35 centres de santé, pour un montant annoncé de 60 milliards de francs CFA, ainsi que l’abandon du programme de résorption des abris provisoires dans les écoles. Ce dernier dispositif concernait notamment 46 écoles élémentaires pour une enveloppe de 9,7 milliards de francs CFA.

Ces exemples servent à illustrer, aux yeux du groupe parlementaire, les conséquences des choix budgétaires opérés par le gouvernement. Ils soulèvent également une question essentielle : comment concilier la maîtrise du déficit et de l’endettement avec le maintien des investissements dans les secteurs sociaux et les infrastructures ?

Le désaccord autour de la LFR 2026 révèle ainsi une fracture politique et économique au sein même de la majorité qui soutient le pouvoir. Pastef ne conteste pas uniquement certains montants : le groupe remet en cause les hypothèses qui structurent le document budgétaire et réclame une révision de fond.

Reste désormais à savoir si le gouvernement acceptera de revoir ses projections ou s’il maintiendra sa trajectoire financière. Dans tous les cas, le débat dépasse le simple affrontement parlementaire. Il engage la crédibilité des comptes publics, la transparence dans la gestion de la dette et la capacité de l’État à financer ses priorités sans fragiliser davantage ses équilibres financiers.

Sunuker News Desk