Le Parlement de la CEDEAO, est le principal pilier de la démocratie au niveau communautaire. Il représente les citoyens. Assemblée délibérante, il est le lieu par excellence du débat démocratique.
En effet, le débat est consubstantiel à l’institution parlementaire. Par ailleurs,
l’une des caractéristiques du mandat parlementaire est l’indépendance du député dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Cela implique que la parole au sein de l’hémicycle d’Abuja est libre. Et cette liberté de la parole ainsi que l’indépendance du parlementaire sont protégées par le principe d’irresponsabilité. Principe en vertu duquel, le député ne peut être arrêté, poursuivi sur la base de propos tenus dans le cadre de l’exercice de ses fonctions.
La liberté de la parole et l’irresponsable du député impliquent nécessairement qu’il ne peut être interrompu, réprimandé ou censuré pendant sa prise de parole que lorsqu’il sort du cadre de l’ordre jour en discussion. Les scènes de violence et d’indignation théâtrale, pendant les interventions de notre compatriote, le député Guy Marius Sagna, révèlent une faiblesse persistante du Parlement de la CEDEAO dont les membres se perçoivent toujours comme des représentants de leur pays respectif.
Alors que le principe de représentation voudrait qu’il représente les peuples de
l’Afrique de l’Ouest seuls souverains ; pas les États, encore moins les chefs d’États. On ne peut construire l’intégration ouest-africaine avec une telle perception du Parlement communautaire, digne d’un forum diplomatique. Dans cet espace le langage diplomatique n’est pas de rigueur.
Chers concitoyens, la liberté de la parole et l’irresponsabilité ne peuvent, cependant, pas
justifier les invectives, la violence verbale et autres insultes. Il pèse sur le parlementaire
l’obligation morale de respecter la règle sacro-sainte de la courtoisie parlementaire. Et sa méconnaissance excessive est une violation des principes de fonctionnement du Parlement.
Mais quand est ce que le défaut de courtoisie devient infraction ? Ce n’est certainement pas
quand l’honorable membre du Parlement de la CEDEAO pointe du doigt la responsabilité de
nos chefs d’Etat dans ce qu’il appelle “l’appauvrissement” de notre sous-région. Ils ne peuvent pas se dérober. Ils sont responsables de tous les choix de politiques publiques et donc évidemment de toutes les réussites et de tous les échecs.
Chers concitoyens, les peuples ont besoin de vérité pour espérer le changement et on ne peut prétendre combattre le mensonge par le mensonge.
Vive le Sénégal dans une Afrique unie !
Fait à Dakar, le 26 juillet 2024
Madiangane Fall,
Citoyen africain
Président du Parti
Nous Citoyens “li ñu boole”













































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