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L’Afrique peut-elle devenir la prochaine locomotive économique du monde ? (2e Partie) Par Ndiawar Diop

L’Afrique peut-elle devenir la prochaine locomotive économique du monde ? (2e Partie)

Les défis de la dette, de la gouvernance, de l’emploi et les conditions d’une véritable renaissance économique

Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk

La dette publique : un frein qu’il faut maîtriser

Si l’Afrique attire aujourd’hui les investisseurs du monde entier, elle demeure confrontée à une réalité préoccupante : l’endettement croissant de plusieurs de ses États.

Pour financer leurs infrastructures, leurs programmes sociaux ou leurs projets énergétiques, de nombreux gouvernements ont eu recours à des emprunts importants auprès d’institutions financières internationales, de banques de développement, mais aussi de partenaires bilatéraux.

L’endettement n’est pas un problème en soi lorsqu’il finance des investissements productifs capables de générer de la richesse. En revanche, il devient préoccupant lorsque les emprunts servent essentiellement à couvrir les dépenses courantes ou lorsqu’ils ne produisent pas les retombées économiques attendues.

Aujourd’hui, plusieurs pays consacrent une part importante de leurs recettes au remboursement de la dette, réduisant ainsi les marges de manœuvre pour investir dans l’éducation, la santé, l’agriculture ou la création d’emplois.

La qualité de la gestion des finances publiques sera donc déterminante pour les décennies à venir.

La bonne gouvernance, véritable moteur du développement

Les richesses naturelles, aussi abondantes soient-elles, ne suffisent pas à garantir la prospérité.

L’histoire économique mondiale démontre qu’aucun pays ne s’est développé durablement sans institutions solides, une justice indépendante, une administration efficace et une lutte résolue contre la corruption.

Les investisseurs recherchent avant tout la stabilité juridique, la prévisibilité des règles et un climat des affaires favorable.

La transparence dans l’attribution des marchés publics, la modernisation des administrations fiscales, la digitalisation des services publics et la protection des investisseurs constituent désormais des éléments essentiels pour accélérer le développement économique africain.

La confiance est devenue l’une des principales monnaies de l’économie moderne.

L’emploi des jeunes : le plus grand défi du continent

Chaque année, des millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail.

Cette jeunesse représente une formidable richesse, mais également un immense défi.

Sans création massive d’emplois, le chômage et le sous-emploi risquent d’alimenter la pauvreté, les migrations irrégulières, les tensions sociales et parfois l’insécurité.

L’avenir du continent dépendra de sa capacité à développer :

  • l’industrie manufacturière ;
  • les technologies numériques ;
  • les énergies renouvelables ;
  • l’agro-industrie ;
  • le tourisme ;
  • l’économie créative ;
  • les services financiers.

Il ne s’agit plus uniquement de créer des emplois, mais également de former une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux besoins de l’économie mondiale.

L’agriculture : une révolution encore inachevée

L’Afrique possède près de 60 % des terres arables encore disponibles dans le monde.

Pourtant, le continent continue d’importer une part importante de ses produits alimentaires.

Ce paradoxe souligne l’urgence d’une véritable révolution agricole.

L’agriculture africaine doit désormais s’appuyer sur :

  • l’irrigation moderne ;
  • la mécanisation ;
  • les semences améliorées ;
  • la recherche scientifique ;
  • la transformation locale ;
  • la digitalisation des exploitations.

Produire davantage ne suffira pas.

Il faudra également mieux conserver, transformer et commercialiser les productions agricoles afin d’accroître les revenus des producteurs.

Une agriculture moderne représente également un puissant levier pour limiter l’exode rural et créer des millions d’emplois.

L’énergie, condition indispensable à l’industrialisation

Aucune industrialisation durable n’est possible sans accès à une énergie fiable et abordable.

Dans plusieurs régions du continent, les coupures d’électricité continuent de ralentir les activités économiques.

Pourtant, l’Afrique dispose d’un potentiel exceptionnel.

Le soleil du Sahara.

Les barrages hydroélectriques d’Afrique centrale.

Les ressources géothermiques de la vallée du Rift.

Les parcs éoliens du Maghreb et de la Corne de l’Afrique.

Le gaz naturel découvert dans plusieurs pays.

La transition énergétique représente donc une opportunité historique.

En développant les énergies renouvelables tout en valorisant intelligemment ses ressources naturelles, l’Afrique peut devenir un acteur majeur de l’économie verte mondiale.

La diaspora africaine : un partenaire stratégique

Des dizaines de millions d’Africains vivent aujourd’hui hors du continent.

Chaque année, ils transfèrent des milliards de dollars à leurs familles, souvent davantage que l’aide publique au développement reçue par certains pays.

Mais leur contribution ne se limite pas aux transferts financiers.

La diaspora apporte également :

  • des compétences ;
  • des investissements ;
  • des innovations ;
  • des réseaux internationaux ;
  • des partenariats économiques.

Les gouvernements africains gagneraient à créer davantage de mécanismes facilitant les investissements de leurs ressortissants vivant à l’étranger.

La diaspora doit être considérée comme un véritable partenaire du développement.

Le secteur privé africain, moteur de la transformation

Pendant longtemps, les économies africaines ont reposé principalement sur l’État.

Aujourd’hui, les entrepreneurs deviennent les principaux créateurs de richesse.

Partout sur le continent émergent des entreprises innovantes dans les domaines des télécommunications, de la finance, de l’agro-industrie, de la logistique, des transports, de la santé et des nouvelles technologies.

Ces entreprises africaines démontrent que le continent ne manque ni de talents ni de créativité.

Ce dont elles ont surtout besoin, c’est d’un meilleur accès au financement, à l’électricité, aux infrastructures et aux marchés régionaux.

L’intégration régionale, un choix stratégique

L’avenir économique de l’Afrique passera également par une coopération renforcée entre les États.

Les communautés économiques régionales et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offrent une opportunité unique de créer un vaste marché intégré.

En favorisant la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et, à terme, des personnes, l’Afrique pourra accroître sa compétitivité et réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.

L’unité économique constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis stratégiques du continent.

L’Afrique de demain se construit aujourd’hui

Le XXIᵉ siècle pourrait bien être celui de l’Afrique.

Jamais le continent n’a disposé d’autant d’atouts :

  • une population jeune ;
  • des ressources naturelles abondantes ;
  • une révolution numérique en pleine expansion ;
  • un potentiel agricole immense ;
  • une urbanisation rapide ;
  • des entrepreneurs innovants ;
  • une intégration économique en marche.

Mais ces atouts ne produiront leurs effets que si les États poursuivent les réformes nécessaires, renforcent la gouvernance, investissent dans le capital humain et placent l’intérêt général au cœur de leurs politiques publiques.

L’Afrique ne demande pas la charité.

Elle réclame des partenariats équilibrés, des investissements responsables et la possibilité de transformer elle-même ses immenses richesses.

Le continent n’est plus simplement une terre d’avenir.

Il est déjà l’un des principaux laboratoires économiques du monde.

Les décennies qui viennent détermineront si cette promesse se transforme en véritable renaissance économique ou si elle demeure une occasion manquée.

Une chose est certaine : l’avenir de l’économie mondiale s’écrira aussi en Afrique.

Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk

James Dillinger

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