Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
L’Afrique vit l’une des périodes politiques les plus importantes de son histoire contemporaine. Jamais autant de pays n’ont été confrontés simultanément à des défis aussi complexes : consolidation démocratique, lutte contre le terrorisme, transitions institutionnelles, montée des revendications citoyennes, réformes constitutionnelles, intégration régionale et repositionnement diplomatique.
De Dakar à Nairobi, d’Accra à Kigali, de Rabat à Pretoria, une nouvelle génération d’Africains exprime des attentes fortes. Elle réclame davantage de transparence, une meilleure gouvernance, une justice indépendante, des institutions crédibles et une répartition plus équitable des richesses nationales.
Cette évolution marque une rupture avec les décennies postindépendance où les débats politiques étaient souvent monopolisés par les élites.
Avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique est le continent le plus jeune de la planète.
Cette jeunesse est plus instruite, mieux connectée grâce aux réseaux sociaux et beaucoup plus ouverte sur le monde que les générations précédentes.
Elle compare les politiques publiques.
Elle suit les débats internationaux.
Elle interpelle directement les dirigeants.
Elle demande des résultats concrets plutôt que des promesses.
Les élections ne sont plus uniquement des rendez-vous politiques. Elles deviennent également des moments où les citoyens évaluent les performances économiques, la qualité des services publics, la lutte contre la corruption et la capacité des gouvernements à créer des emplois.
Cette évolution transforme progressivement la culture politique africaine.
Contrairement à certaines idées reçues, plusieurs pays africains ont démontré qu’il était possible d’organiser des alternances politiques pacifiques.
Au cours des dernières décennies, plusieurs États ont connu des transitions démocratiques réussies grâce au respect des institutions, à l’indépendance des commissions électorales et à la maturité des acteurs politiques.
Ces exemples montrent que la démocratie africaine continue de progresser, même si son évolution demeure inégale selon les régions.
Les constitutions sont progressivement renforcées.
Les cours suprêmes jouent un rôle croissant dans l’arbitrage des contentieux électoraux.
Les organisations de la société civile participent davantage au contrôle de l’action publique.
Les médias indépendants et les plateformes numériques contribuent également à une meilleure circulation de l’information.
L’une des principales attentes des populations concerne la qualité de la gouvernance.
La bonne gouvernance ne se résume pas à l’organisation régulière d’élections.
Elle suppose également :
Les citoyens africains demandent désormais que les ressources naturelles profitent davantage aux populations locales.
Ils souhaitent que les investissements publics produisent des résultats visibles dans leur quotidien : écoles, hôpitaux, routes, accès à l’eau potable, électricité, logements et emplois.
Le développement économique et la stabilité politique sont aujourd’hui indissociables.
Le développement politique de l’Afrique reste fortement influencé par les défis sécuritaires.
Le terrorisme, les groupes armés, les trafics transfrontaliers, la piraterie maritime, les conflits communautaires et la criminalité organisée continuent de fragiliser plusieurs régions.
Ces menaces dépassent largement les frontières nationales.
Elles nécessitent une coopération renforcée entre les États africains ainsi qu’un partage accru des renseignements, des moyens logistiques et des capacités de formation des forces de sécurité.
La stabilité demeure l’une des premières conditions du développement économique.
Sans sécurité, les investissements diminuent.
Le tourisme recule.
Les entreprises hésitent à s’implanter.
Les populations se déplacent.
Les infrastructures sont détruites.
Les États voient leurs ressources orientées vers les dépenses militaires au détriment des investissements sociaux.
La consolidation de l’État de droit constitue l’un des principaux défis du continent.
Les investisseurs recherchent des institutions crédibles.
Les citoyens souhaitent être protégés contre l’arbitraire.
Les entreprises ont besoin de règles stables.
Les administrations doivent fonctionner dans le respect de la loi.
La confiance entre l’État et les citoyens repose avant tout sur l’impartialité des institutions.
Une justice indépendante, une presse libre, un Parlement efficace et des organes de contrôle performants représentent les piliers d’une démocratie moderne.
L’avenir politique de l’Afrique dépendra largement de la capacité de ses institutions à inspirer cette confiance.
(À suivre : Deuxième partie consacrée à l’intégration africaine, au rôle de l’Union africaine, à la diplomatie régionale, à la participation des femmes et des jeunes à la vie politique, aux nouvelles technologies dans la gouvernance et aux perspectives d’avenir du continent.)
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