Les Italiens tournent une page de leur histoire : Giorgio Napolitano est mort ce vendredi à Rome. À 98 ans, l’ancien président de la République incarnait l’Italie politique de l’après-guerre. Il fut l’un des acteurs majeurs de la transition du Parti communiste italien vers l’Occident et l’Europe. Parlementaire, ministre, avant de devenir chef de l’État pendant neuf ans, cet homme de gauche avait acté la chute de Berlusconi et l’instauration de la rigueur dans les comptes de la nation.
Pendant 70 ans, Giorgio Napolitano a guidé l’évolution de la gauche en Italie. Ancien dirigeant du Parti communiste, il fut en 1978 le premier communiste reçu à Washington. Contre Moscou, celui qu’Henry Kissinger appelait « mon communiste préféré » avait choisi la sociale-démocratie européenne dont il devint un fervent partisan.
Premier élu communiste à devenir président de la République, il fut même réélu à la tête de l’État. Ce qui est très rare en Italie. En 2011, en pleine crise financière, il prend acte de l’échec de Berlusconi et le remplace par l’ancien commissaire européen Mario Monti. C’est l’époque des « gouvernements du président », personnalités non élues mais choisies pour leurs compétences techniques quand l’Italie est au bord de la faillite.
De quoi mécontenter une partie de la gauche pour qui Napolitano a tordu le bras de la Constitution en sortant des pouvoirs surtout honorifiques jusque-là donnés aux présidents de la République. Mais pour la plupart des Italiens, le pays fait aujourd’hui le deuil d’un grand homme d’État qui a su sauver le pays de la banqueroute.
L’actuel président de la République, Sergio Mattarella, a rappelé l’engagement européen de l’ancien député au Parlement de Strasbourg, qui a mené « des batailles importantes pour le développement social, la paix et le progrès en Italie et en Europe ». Dans un télégramme à sa veuve, le pape François a quant à lui salué un homme ayant consacré son action politique à préserver « l’unité et la concorde » de son pays.
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