La route migratoire de l’Atlantique continue de s’avérer un piège redoutable pour de nombreux jeunes ouest-africains en quête d’un eldorado européen. Récemment, les garde-côtes de la République Islamique de Mauritanie ont mené une nouvelle opération de sauvetage d’envergure au large de leurs côtes, permettant de porter assistance à plus de 160 passagers en détresse, dont une forte proportion de ressortissants sénégalais.
Une embarcation partie de Banjul en perdition
Selon les informations communiquées par les autorités sécuritaires mauritaniennes, le drame a été évité de justesse pour 161 migrants qui voyageaient à bord d’une pirogue surchargée. Partie des côtes gambiennes, précisément de la capitale Banjul, l’embarcation avait vogué durant près de huit jours en haute mer avant d’être immobilisée par une avarie majeure de moteur.
Livrés à eux-mêmes sur l’océan, les passagers ont finalement repéré par les unités maritimes mauritaniennes lors d’une patrouille de routine. Si tous ont été retrouvés sains et saufs, l’état de fatigue générale était manifeste chez ces naufragés de l’infortune, lourdement éprouvés par les dures conditions de la traversée et la précarité de leur embarcation en bois.
Une forte présence sénégalaise à bord
Le manifeste de cette pirogue clandestine reflète la persistance des départs massifs depuis la sous-région. Sur les 161 personnes secourues, on dénombre :
- 99 Sénégalais, parmi lesquels figurent 6 femmes et 2 enfants ;
- 56 Guinéens (3 hommes, 38 femmes et 15 enfants) ;
- 6 Gambiens (2 hommes et 4 femmes).
Aussitôt hélestés ou pris en charge par les secouristes, les rescapés ont été acheminés vers Nouakchott, la capitale mauritanienne. Ils y ont été accueillis dans un centre d’attente temporaire afin de recevoir les premiers soins d’urgence et une assistance humanitaire adéquate, en collaboration avec les structures compétentes, avant les procédures de rapatriement vers leurs pays d’origine respectifs.
L’Atlantique : une route toujours aussi meurtrière
Ce énième sauvetage met en lumière la mutation des flux migratoires. En raison du durcissement des dispositifs de surveillance sécuritaire le long des côtes sénégalaises et marocaines, les réseaux de passeurs déportent de plus en plus leurs points de départ vers le sud (Gambie, Guinée), allongeant ainsi considérablement la durée de la route vers l’archipel espagnol des Canaries et multipliant les risques de tragédies maritimes.
Face à cette pression migratoire constante, la Mauritanie maintient son cap de coopération étroite avec l’Union européenne, notamment à travers le pacte stratégique signé pour endiguer les départs clandestins, renforcer la surveillance côtière et doter les forces navales locales de moyens de sauvetage accrus.
La Rédaction
















































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