Pouvez-vous nous faire un bilan de la dernière campagne maraîchère dans les Niayes ?
La dernière campagne a été particulièrement difficile pour les producteurs. Après une longue période d’incertitudes, beaucoup d’entre nous se retrouvent avec des poches vides. Les principales difficultés que nous avons rencontrées sont liées à l’accès aux terres agricoles et au manque d’eau. Ces problèmes freinent considérablement nos activités. Nous avons fait tout notre possible pour maintenir la production, mais les défis sont nombreux.
Quelles sont les principales doléances de la Fédération Nationale des Producteurs Maraîchers (FNPM) ?
Nos doléances sont claires : l’accès à l’eau, aux terres et la commercialisation de nos produits. Aujourd’hui, la FNPM regroupe plus de 2800 membres, et nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes. Par exemple, la saison des pluies est un moment critique pour nous, car les fortes chaleurs et les pluies diluviennes ne sont pas favorables au développement des cultures. Cela entraîne souvent une baisse de productivité.
Justement, comment faites-vous face à ces conditions climatiques difficiles ?
C’est très compliqué. Nous essayons de nous adapter, mais la canicule et les pluies créent des conditions extrêmes pour nos cultures. Heureusement, nous avons mis en place des initiatives locales pour améliorer la productivité. Par exemple, un projet a été lancé à Sangalkam pour analyser les sols, les eaux, et les fertilisants afin d’aider les producteurs à mieux gérer leurs ressources. Nous avons aussi des techniciens sur le terrain qui encadrent les exploitations maraîchères et produisent des rapports hebdomadaires pour suivre l’évolution des cultures.
Le ministre de l’Agriculture a récemment visité Sangalkam. Quelles étaient les attentes des producteurs lors de cette visite ?
La visite du ministre Mabouba Diagne a été un moment important pour nous. Nous espérons que cela va marquer le début de solutions concrètes à nos problèmes. Le ministre est venu prendre contact avec les acteurs de la filière agricole (ou maraichère ?) et comprendre les difficultés que nous rencontrons. Nous avons insisté sur les besoins urgents liés à l’accès à la terre, aux intrants et à la commercialisation. Nous avons fait beaucoup d’efforts malgré ces difficultés, et nous espérons que cette visite permettra de trouver des solutions durables.
Parlons de la commercialisation. Les prix des produits maraîchers sur le marché sont en forte hausse. Comment cela impacte-t-il les producteurs ?
Oui, les prix flambent sur le marché. Prenons l’exemple de la pomme de terre : elle est vendue à 280 F CFA le kilo, mais nous, en tant que producteurs, nous la vendons à 240 F. Cela devient un problème lorsque les intermédiaires la revendent à 500 F ou même 600 F le kilo. Nous faisons face à une concurrence difficile et à des coûts supplémentaires pour conserver nos produits, ce qui réduit nos marges. De plus, nous avons essayé d’introduire de nouvelles cultures comme l’oignon, mais cela n’a pas fonctionné à cause de la saturation du marché et du manque de chambres froides pour stocker nos récoltes.
Quelles sont les solutions envisagées pour améliorer la situation ?
Nous avons déjà pris des mesures pour minimiser les pertes. Par exemple, nous avons construit une plateforme pour stocker nos produits, et nous espérons que le partenariat que nous avons établi avec des entreprises indiennes nous aidera à mieux écouler nos récoltes. Mais à long terme, nous avons besoin d’un meilleur soutien des autorités publiques pour résoudre ces problèmes de manière structurelle. Nous avons réalisé beaucoup d’infrastructures avec nos propres moyens, mais cela ne suffit pas pour faire face à la demande croissante.
Un dernier mot pour les producteurs maraîchers de la région ?
Nous restons résilients et déterminés. Malgré les défis, nous sommes prêts pour la prochaine campagne et nous continuerons à nous battre pour améliorer nos conditions de travail. Il est crucial que nous trouvions des solutions durables pour garantir la survie de notre filière maraîchère
LAMINE DIEDHIOU













































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