Guéréo face à l’urgence : Soukèye Sarr sonne l’alarme sur l’avancée de la mer et le manque d’eau potable
Guéréo (Thiès) – Profitant d’une conférence consacrée à l’intelligence artificielle organisée au lycée de Guéréo, la conseillère municipale de Sindia, Soukèye Sarr, a lancé un vibrant appel aux autorités sur deux défis majeurs qui menacent l’avenir de la commune : l’érosion côtière et la pénurie persistante d’eau potable.
Devant plusieurs personnalités, dont Mary Teuw Niane, directeur de Cabinet du président de la République, l’élue locale a d’abord salué les efforts visant à promouvoir les nouvelles technologies dans le système éducatif. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’accompagner cette ambition par des investissements concrets dans les établissements scolaires.
« Si l’intelligence artificielle doit devenir un véritable moteur de développement, nos écoles doivent être dotées de laboratoires modernes, d’équipements numériques et d’infrastructures adaptées », a-t-elle plaidé.
L’érosion côtière menace habitations et activités économiques
Mais au-delà des enjeux éducatifs, Soukèye Sarr a surtout attiré l’attention sur la situation préoccupante du littoral de Guéréo. Selon elle, l’avancée de la mer continue de grignoter les côtes, mettant en péril des habitations et les moyens de subsistance de nombreuses familles.
« Des maisons disparaissent progressivement sous l’effet des vagues. Chaque année, des familles vivent dans l’angoisse de voir leurs biens engloutis par la mer », a-t-elle déclaré.
Cette réalité n’est pas propre à Guéréo. Plusieurs localités du littoral sénégalais sont confrontées à une érosion de plus en plus marquée sous l’effet du changement climatique, de la montée du niveau de la mer et des pressions humaines exercées sur les écosystèmes côtiers.
Dans le delta du Saloum, notamment à Dionewar, des études et témoignages relayés par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS) indiquent que la mer aurait progressé d’environ 180 mètres au cours des deux dernières décennies. Sur la Petite-Côte, les communes de Mbour, Joal-Fadiouth et Saly figurent également parmi les zones les plus exposées.
Le défi crucial de l’accès à l’eau
Autre sujet d’inquiétude : l’accès à l’eau potable. La croissance démographique rapide enregistrée dans la zone de Sindia, alimentée par les grands projets structurants comme l’Aéroport international Blaise-Diagne et le futur Port de Ndayane, exerce une pression croissante sur les infrastructures hydrauliques.
Selon Soukèye Sarr, une partie importante de la population continue de faire face à des difficultés d’approvisionnement en eau, malgré le développement économique de la région.
L’élue a ainsi plaidé pour un raccordement rapide de la commune au système KMS3, un projet stratégique destiné à renforcer l’alimentation en eau potable de plusieurs localités de la région de Dakar et de la zone côtière.
Un appel à l’intervention de l’État
Face à ces défis, la conseillère municipale estime que les collectivités territoriales ne disposent pas des ressources suffisantes pour agir seules. Elle appelle l’État à mettre en œuvre des solutions durables, notamment à travers des ouvrages de protection du littoral, des programmes d’adaptation au changement climatique et l’accélération des investissements dans le secteur de l’eau.
Pour de nombreux observateurs, les préoccupations soulevées à Guéréo illustrent les défis auxquels sont confrontées plusieurs communes côtières du Sénégal. Entre développement économique, urbanisation rapide et vulnérabilité environnementale, les collectivités locales réclament des réponses urgentes afin de protéger les populations et préserver les ressources naturelles.
Alors que les autorités poursuivent leurs projets de modernisation du pays, les habitants de Guéréo espèrent que la lutte contre l’érosion côtière et l’amélioration de l’accès à l’eau figureront désormais parmi les priorités nationales.
Sunuker News Desk














































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