Une page historique et particulièrement tendue s’ouvre en République islamique d’Iran. Quatre mois après sa mort survenue le 28 février 2026 lors d’un raid aérien conjoint mené par Israël et les États-Unis contre sa résidence, la dépouille de l’ancien Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, est arrivée ce vendredi au cœur du vaste complexe religieux de la Grande Mosalla à Téhéran. Cet événement marque le coup d’envoi d’hommages nationaux d’une ampleur jamais vue dans l’histoire moderne du pays.
Alors que la région traverse un conflit de haute intensité depuis près de quarante jours — caractérisé par l’élimination de plusieurs hauts gradés et de lourdes pertes civiles —, le régime de Téhéran entend transformer ces obsèques en une démonstration de puissance et de résilience face à ses adversaires occidentaux. Entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues par les autorités durant les trois jours de deuil national qui débutent officiellement ce samedi.
Des images diffusées par les agences de presse montrent le cercueil de l’ancien homme fort du pays drapé du drapeau national, exposé au centre de la Mosalla. Le site a été massivement pavoisé pour l’occasion : d’immenses portraits du défunt côtoient des étendards noirs de deuil et des drapeaux rouges, symboles chiites du martyre et de l’appel à la vengeance.
Malgré des températures caniculaires qui s’abattent actuellement sur la capitale iranienne, d’importantes équipes d’ouvriers et de secouristes se relaient pour finaliser les installations logistiques. Le complexe religieux restera accessible au public jour et nuit jusqu’à lundi afin de canaliser les vagues de fidèles. À ses côtés, les dépouilles de plusieurs membres de sa famille, ayant péri lors de la même frappe (dont une de ses filles, un gendre et une belle-fille), sont également exposées.
Ces obsèques revêtent également un enjeu géopolitique majeur. Plusieurs délégations internationales issues d’une trentaine de nations partenaires ont confirmé leur présence à Téhéran. Parmi les officiels de haut rang figurent notamment :
L’ancien président russe Dmitri Medvedev.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Le vice-président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale chinoise, He Wei.
Ces commémorations représentent aussi le premier grand test public pour son fils et successeur désigné, Mojtaba Khamenei, propulsé à la tête de l’État dans un climat national fortement polarisé entre partisans du régime et opposants.
Après les cérémonies de Téhéran, le cortège funéraire entamera un long périple. Le cercueil traversera les artères de la capitale avant de faire halte mardi dans la ville sainte de Qom. Signe de l’influence de l’ancien Guide au-delà des frontières iraniennes, la dépouille fera ensuite une escale symbolique en Irak voisin pour des processions dans les cités chiites de Najaf et Karbala.
L’inhumation finale de l’Ayatollah Ali Khamenei est programmée pour le 9 juillet 2026 à Machhad, sa ville natale, au sein du mausolée de l’Imam Reza. Pour rappel, les dernières funérailles de cette envergure remontaient à 1989, lors des obsèques du fondateur de la République islamique, l’Ayatollah Rouhollah Khomeini, qui avaient rassemblé plus de 10 millions de personnes et donné lieu à des bousculades meurtrières.
La Rédaction
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