Général Souleymane Kandé : ce que son séjour en Inde pourrait apporter au renseignement extérieur sénégalais
Par Sunuker News Desk
Le retour du général de brigade Souleymane Kandé au cœur du dispositif sécuritaire sénégalais marque une nouvelle étape dans la carrière de l’ancien chef d’état-major de l’Armée de terre. Nommé directeur général du Renseignement extérieur (DGRE) par décret présidentiel, il retrouve Dakar après seize mois passés à New Delhi comme attaché de Défense et de Sécurité auprès de l’ambassade du Sénégal en Inde.
Son retour intervient après le départ du général de brigade Koly Faye, appelé à faire valoir ses droits à la retraite en septembre. La DGRE, structure rattachée à la Présidence de la République et intégrée à l’architecture nationale du renseignement, constitue l’un des maillons sensibles du dispositif chargé de recueillir et d’analyser les informations provenant de l’extérieur.
Le parcours de Kandé donne à cette nomination une dimension particulière. Avant son passage en Inde, l’officier avait occupé plusieurs responsabilités opérationnelles majeures. Il avait notamment commandé la Zone militaire n°5 à Ziguinchor, avant d’être nommé, en juillet 2023, coordonnateur des Opérations spéciales. Il avait également dirigé l’Armée de terre après sa nomination comme chef d’état-major en octobre 2022.
Son affectation en Inde avait été annoncée en mai 2024. Il a finalement rejoint New Delhi en mars 2025, où il a exercé pendant environ seize mois comme attaché de Défense et de Sécurité. À l’époque, cette mutation avait suscité de nombreuses réactions dans l’espace public sénégalais.
Mais au-delà des commentaires suscités par son départ de Dakar, son séjour indien lui a permis d’évoluer dans un environnement diplomatique et militaire particulièrement important. L’Inde cherche depuis plusieurs années à renforcer ses partenariats de défense avec les pays africains, notamment autour de la sécurité maritime, du partage d’informations et de la coopération militaire.
Un exemple concret est la visite, en janvier 2025, du navire de guerre indien INS Tushil au port de Dakar. La marine indienne avait alors organisé des échanges avec la marine sénégalaise, suivis d’un exercice PASSEX et d’une patrouille conjointe au large des côtes ouest-africaines. New Delhi présentait cette séquence comme une étape supplémentaire dans le renforcement de la coopération maritime entre les deux pays.
Quelques mois plus tard, l’Inde organisait également la première édition de l’exercice multinational Africa-India Key Maritime Engagement (AIKEYME), réunissant plusieurs pays africains autour de questions telles que la lutte contre la piraterie, le partage d’informations, les opérations de recherche et de sauvetage et l’interopérabilité navale.
Cette évolution est importante pour le Sénégal. Avec sa façade atlantique, ses infrastructures portuaires, ses activités halieutiques et ses nouvelles perspectives liées aux hydrocarbures offshore, la dimension maritime occupe une place croissante dans les questions de sécurité nationale. Le rapprochement militaire entre Dakar et New Delhi offre donc un cadre supplémentaire d’échanges dans ce domaine. L’ambassade du Sénégal en Inde présente d’ailleurs la coopération bilatérale comme couvrant notamment la formation, le renforcement des capacités, la sécurité maritime, la lutte contre le terrorisme et les opérations de maintien de la paix.
Pour autant, rien ne permet d’affirmer que l’affectation de Kandé en Inde avait été officiellement conçue comme une préparation à la direction de la DGRE. Cette lecture relève davantage de l’analyse du contexte que d’une information officiellement établie.
Son expérience à New Delhi pourrait néanmoins être utile dans une fonction où la compréhension des rapports de force internationaux, des coopérations militaires et des évolutions sécuritaires régionales constitue un élément important. L’Inde occupe notamment une place croissante dans les discussions sur la sécurité de l’océan Indien et les relations de défense avec l’Afrique.
Le général Kandé arrive ainsi à la tête du renseignement extérieur avec un profil combinant commandement opérationnel, expérience des opérations spéciales et passage dans la diplomatie de défense. Son parcours dans la Casamance lui a donné une expérience directe des enjeux sécuritaires nationaux, tandis que son séjour à New Delhi l’a placé au contact d’un environnement militaire et diplomatique différent.
La nouvelle mission qui l’attend dépasse toutefois le seul cadre ouest-africain. Le renseignement extérieur doit suivre l’évolution des menaces transfrontalières, les transformations des alliances militaires, les enjeux maritimes, les trafics internationaux et les nouvelles formes de coopération sécuritaire.
Dans ce contexte, le retour de Souleymane Kandé à Dakar apparaît comme une nouvelle affectation stratégique. Ce que son passage en Inde lui a réellement apporté en matière de renseignement ne sera probablement pas rendu public : par nature, une partie essentielle du travail d’un service extérieur reste couverte par la confidentialité.
Une chose est en revanche établie : après l’Armée de terre, les opérations spéciales et la diplomatie de défense, le général Kandé prend désormais les commandes d’un service placé au cœur de l’architecture sécuritaire sénégalaise.
Sunuker News Desk














































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