Le calendrier des prochaines élections locales continue de susciter de vives controverses au Sénégal. Alors que plusieurs acteurs politiques, des organisations de la société civile et des experts en droit électoral estiment que le renouvellement des conseils municipaux et départementaux doit intervenir avant l’expiration des mandats en janvier 2027, la superviseure générale du parti présidentiel Kiiraay – Les Patriotes républicains, Aminata Touré, avance une lecture différente du Code électoral.
Dans un entretien accordé à RFI, l’ancienne Première ministre a affirmé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dispose légalement de toute l’année 2027 pour organiser les élections locales si les circonstances le justifient.
Pour étayer sa position, Aminata Touré invoque les dispositions de l’article 269 du Code électoral. Selon son interprétation, ce texte prévoit qu’en cas de circonstances particulières, le scrutin peut être organisé au cours de la cinquième année du mandat des élus locaux, sans que cela ne constitue un report contraire à la loi.
« Parler de report supposerait que l’on se situe en dehors du cadre légal. Or, l’article 269 est explicite : l’élection peut se tenir durant la cinquième année du mandat. Le président de la République dispose donc de l’année 2027 pour organiser ce scrutin dans le respect de la législation », a-t-elle déclaré.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs voix réclament la publication rapide du décret convoquant le corps électoral. En vertu de la législation sénégalaise, ce décret constitue l’acte officiel qui lance le processus électoral et doit être pris plusieurs mois avant la tenue du scrutin afin de permettre l’organisation des différentes opérations électorales.
Les déclarations d’Aminata Touré interviennent également dans un contexte politique marqué par la création récente de Kiiraay – Les Patriotes républicains, la nouvelle formation politique du président Bassirou Diomaye Faye. Certains responsables de l’opposition soupçonnent le pouvoir de vouloir gagner du temps afin de mieux structurer ce parti avant les prochaines échéances électorales.
Une hypothèse que la dirigeante de Kiiraay rejette catégoriquement. Selon elle, la nouvelle formation présidentielle est prête à affronter les électeurs à tout moment, dès lors que le calendrier retenu respecte les dispositions du Code électoral.
Le débat est d’autant plus sensible que les élections locales constituent un test politique majeur pour le pouvoir en place. Elles permettront de mesurer l’ancrage territorial des différentes formations politiques après les profondes recompositions intervenues ces derniers mois sur l’échiquier politique sénégalais.
Par ailleurs, les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko alimentent les spéculations. Le leader de Pastef, dont le parti demeure majoritaire à l’Assemblée nationale, a déjà fait savoir qu’il s’opposerait à tout report qu’il jugerait contraire à l’esprit de la loi.
En attendant une éventuelle décision du Conseil constitutionnel sur les questions soulevées par l’exécutif et la publication du décret présidentiel convoquant le corps électoral, le calendrier des élections locales reste au cœur des débats politiques et juridiques au Sénégal.
Sunuker Desk News
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