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Ebola : le Nigeria touché à son tour, l’OMS redoute une propagation plus complexe en Afrique

Ebola : le Nigeria touché à son tour, l’OMS redoute une propagation plus complexe en Afrique
Ebola : le Nigeria touché à son tour, l’OMS redoute une propagation plus complexe en Afrique

SUNUKER.NET – La progression de la maladie à virus Ebola en Afrique suscite une inquiétude croissante au sein des autorités sanitaires. Après plusieurs mois d’épidémie en République démocratique du Congo (RDC) et des épisodes signalés dans d’autres pays du continent, la confirmation d’un cas importé au Nigeria complique davantage la riposte, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Nous sommes confrontés à une situation de flambée plus complexe », a averti jeudi 22 octobre 2026 Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse en ligne. Cette déclaration intervient alors que les autorités nigérianes renforcent la surveillance sanitaire autour d’un cas détecté chez une diplomate arrivée à Abuja à bord d’un vol en provenance d’Ouganda.

Les autorités ont annoncé mardi la confirmation de ce cas et identifié 44 personnes susceptibles d’avoir été en contact avec la patiente. Le lendemain, elles ont précisé que l’infection relevait de la souche Bundibugyo, celle qui circule actuellement en République démocratique du Congo. Cette identification est déterminante pour orienter les investigations épidémiologiques et adapter les mesures de prévention.

L’arrivée du virus au Nigeria représente un défi supplémentaire pour les équipes sanitaires. Avec sa population nombreuse, ses grands centres urbains et ses importantes liaisons aériennes, le pays doit rapidement identifier les personnes exposées, assurer leur suivi et limiter tout risque de transmission secondaire. À ce stade, l’identification de contacts ne signifie toutefois pas que ceux-ci sont infectés : leur surveillance vise précisément à détecter rapidement une éventuelle apparition de symptômes.

Une épidémie régionale qui mobilise les autorités sanitaires

Le Nigeria devient le cinquième pays à détecter le virus Bundibugyo depuis le début de l’épidémie déclarée en RDC le 15 mai 2026, selon l’OMS. Le bilan congolais s’est considérablement alourdi : au 19 octobre, le pays recensait 9 637 cas confirmés et 4 646 décès liés à cette flambée.

Le Kenya est également confronté à la propagation du virus. Au 21 octobre, neuf cas confirmés y avaient été recensés, dont un décès, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. L’Ouganda, lui, avait déclaré la fin de son épidémie à la fin août, après avoir enregistré des cas liés à la circulation régionale du virus.

L’un des principaux défis réside dans la rapidité du diagnostic. Selon Reuters, la patiente détectée au Nigeria avait présenté des symptômes plusieurs jours avant que l’infection ne soit confirmée. Ce délai complique la reconstitution de ses déplacements et l’identification des personnes susceptibles d’avoir été exposées. Les autorités sanitaires poursuivent donc les investigations pour déterminer l’origine exacte de la contamination. À ce stade, un passage par l’Ouganda ne suffit pas à établir que l’infection s’y est produite.

Une riposte urgente face à un virus redoutable

La maladie à virus Ebola est une affection grave qui peut provoquer de la fièvre, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des vomissements et, dans certains cas, des hémorragies. La transmission se produit principalement par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée présentant des symptômes, ou avec des objets contaminés.

La souche Bundibugyo pose un défi supplémentaire, car il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre cette forme du virus. La prise en charge médicale repose notamment sur les soins de soutien, tandis que l’isolement des malades, la recherche des contacts et le respect des mesures de prévention restent essentiels pour limiter la transmission.

Mardi, le responsable de l’agence sanitaire de l’Union africaine, Jean Kaseya, avait déjà alerté sur la gravité de la situation et appelé à une mobilisation internationale. L’OMS travaille avec les autorités nigérianes pour renforcer la surveillance, les capacités de diagnostic et les mesures de prévention dans les établissements de santé.

Pour autant, l’OMS appelle à garder son calme : la confirmation d’un cas importé ne signifie pas, à elle seule, que le Nigeria connaît une épidémie. La priorité est désormais de retrouver tous les contacts, de surveiller leur état de santé et d’empêcher l’apparition de nouvelles chaînes de transmission.

L’évolution de la situation dépendra largement de la rapidité des investigations et de la coordination entre les pays concernés. Dans une région où les déplacements transfrontaliers sont nombreux, la vigilance sanitaire et le partage rapide des informations constituent des éléments déterminants pour contenir la menace.

Sunuker News Desk