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Diomaye Faye brise le silence sur Sonko : « La rupture de confiance a persisté, j’ai choisi un autre Premier ministre »

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Diomaye Faye brise le silence sur Sonko : « La rupture de confiance a persisté, j’ai choisi un autre Premier ministre »

Par Sunuker News Desk

NEW YORK — Le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé publiquement, ce jeudi 24 septembre 2026, sur ses relations désormais distantes avec Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre et compagnon politique de longue date. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de l’État a accordé un entretien conjoint à RFI et France 24, au cours duquel il est revenu sur plusieurs dossiers politiques, économiques et diplomatiques qui préoccupent actuellement le Sénégal.

Au cœur de cet entretien figurait naturellement la séparation politique entre les deux hommes qui ont incarné ensemble l’alternance de 2024. Interrogé sur les raisons ayant conduit au départ d’Ousmane Sonko de la Primature, Bassirou Diomaye Faye a reconnu l’existence de divergences persistantes entre eux.

Le président a expliqué que la nomination de Sonko au poste de Premier ministre relevait de ses prérogatives constitutionnelles et que l’évolution de leur relation avait progressivement conduit à une perte de confiance.

« Nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets », a déclaré le chef de l’État. Il a rappelé qu’en tant que président de la République, il avait choisi Ousmane Sonko comme Premier ministre conformément aux pouvoirs que lui confère la Constitution.

« Quand cette rupture de confiance a persisté, j’ai choisi un autre Premier ministre », a-t-il ajouté, avant de souligner que, selon lui, les institutions continuent de fonctionner et que « le Sénégal avance ».

Cette déclaration intervient plusieurs mois après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, le 22 mai 2026. Depuis cette séparation, les deux responsables ont publiquement reconnu l’existence de divergences politiques, tout en donnant des lectures différentes de leur évolution. Sonko avait notamment déclaré, lors d’un précédent entretien avec RFI et France 24, qu’il ne souhaitait pas que les désaccords entre les deux hommes se transforment en une fracture nationale.

La nouvelle configuration politique est d’autant plus particulière qu’Ousmane Sonko demeure un acteur central de la vie institutionnelle sénégalaise. Après son départ du gouvernement, il a été élu président de l’Assemblée nationale, tandis que son parti, Pastef, conserve une influence majeure au Parlement. Cette situation crée une coexistence institutionnelle entre un exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye et une majorité parlementaire liée à la formation politique de son ancien Premier ministre.

FMI, Assemblée nationale et avenir institutionnel

L’entretien de New York ne s’est toutefois pas limité aux relations entre Diomaye Faye et Sonko. Le président a également été interrogé sur la situation économique du Sénégal, notamment sur le nouvel accord conclu avec le Fonds monétaire international. Selon les éléments présentés par France 24, le programme négocié avec le FMI porte sur environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans.

Ce dossier constitue l’un des points de divergence entre le président et son ancien Premier ministre. Le gouvernement défend la nécessité de restaurer la confiance des partenaires financiers et des investisseurs, tandis que des responsables de Pastef ont exprimé des réserves sur certaines orientations économiques et financières.

Bassirou Diomaye Faye a également été interrogé sur l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Le chef de l’État n’a pas exclu cette possibilité, rappelant qu’il s’agit d’une prérogative prévue par la Constitution.

« Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? Tout est question de nécessité ou de contexte », a-t-il déclaré, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS). Il a toutefois indiqué que la décision serait prise « le moment venu », en fonction de la situation et de « l’intérêt supérieur du peuple sénégalais ».

Sur les éventuels risques de blocage institutionnel, notamment autour de l’examen des textes budgétaires, le président a estimé que chaque institution devait jouer son rôle et que la Constitution avait prévu des mécanismes permettant de répondre aux situations de blocage.

« La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment »

L’entretien a également donné lieu à une réponse du président aux accusations de « trahison » formulées depuis plusieurs mois par certains soutiens d’Ousmane Sonko.

Bassirou Diomaye Faye a rejeté cette lecture en affirmant que son engagement fondamental était celui pris lors de son investiture.

« La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment que j’ai prêté le 2 avril 2024 devant le peuple sénégalais et devant Dieu », a-t-il déclaré.

Cette déclaration résume, dans les termes du chef de l’État, sa conception actuelle de la fonction présidentielle : faire prévaloir les responsabilités institutionnelles sur les relations politiques ou personnelles qui ont pu marquer son parcours aux côtés d’Ousmane Sonko.

La rupture entre les deux dirigeants constitue désormais l’une des principales données de la nouvelle séquence politique sénégalaise. Leur alliance avait largement contribué à leur victoire à la présidentielle de mars 2024, mais les divergences apparues par la suite ont progressivement modifié l’équilibre politique au sommet de l’État.

À New York, Bassirou Diomaye Faye a donc choisi de répondre directement aux interrogations sur cette évolution, tout en insistant sur la continuité de l’État et le fonctionnement des institutions.

Au-delà de la relation personnelle et politique entre les deux hommes, les prochaines échéances devraient surtout permettre de mesurer les conséquences institutionnelles de cette nouvelle configuration, notamment à travers les relations entre la présidence, le gouvernement et l’Assemblée nationale.

Pour le chef de l’État, le message est désormais clair : malgré les divergences politiques avec son ancien Premier ministre, l’État doit continuer à fonctionner et les institutions doivent poursuivre leur mission.

Sunuker News Desk