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CDC : 32 millions FCFA sur deux ans pour Me Ciré Clédor Ly ? La convention qui fait débat

CDC : 32 millions FCFA sur deux ans pour Me Ciré Clédor Ly ? La convention qui fait débat

CDC : 32 millions FCFA sur deux ans pour Me Ciré Clédor Ly ? La convention qui fait débat

Un projet de convention d’assistance juridique entre la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et le cabinet de Me Ciré Clédor Ly commence à susciter des interrogations sur la pertinence de la dépense, le périmètre des missions envisagées et les conditions de sa prise en charge par l’institution.

Selon le document dont le contenu est rapporté, la convention porterait sur un forfait annuel de 16 millions de francs CFA TTC, pour une durée initiale de deux ans. Si elle était effectivement conclue dans ces conditions, le montant cumulé atteindrait donc 32 millions de francs CFA TTC.

Le projet prévoit un règlement des honoraires en quatre échéances trimestrielles de 4 millions de francs CFA chacune. La question n’est donc pas tant le montant annoncé que l’opportunité de cette nouvelle prestation et son articulation avec les dispositifs juridiques dont la CDC disposerait déjà.

C’est précisément sur ce point que les interrogations seraient les plus nombreuses. D’après les informations communiquées, l’institution aurait déjà recours à plusieurs cabinets, notamment celui de Me Bamba Cissé, à travers la SCP Kébé et Cissé, ainsi qu’à Houda & Associés. Certains services auraient ainsi émis des réserves sur l’intérêt de conclure une nouvelle convention lorsque certains dossiers ou domaines susceptibles d’être couverts semblent déjà faire l’objet de prestations juridiques.

La question centrale serait donc de savoir si le cabinet de Me Ciré Clédor Ly interviendrait sur des missions nouvelles et clairement identifiées ou si son périmètre risquerait de recouper celui de conventions déjà en vigueur. Une clarification du champ d’intervention permettrait notamment d’éviter d’éventuels chevauchements et de déterminer la valeur ajoutée de cette nouvelle collaboration.

Autre sujet de préoccupation : la disponibilité des crédits budgétaires. Des informations faisant état de l’absence d’une ligne spécifiquement prévue au budget 2026 pour cette dépense circulent également. Ce point devra cependant être confronté aux documents budgétaires officiels ainsi qu’aux procédures comptables et financières applicables à la CDC avant toute conclusion définitive.

Si le projet devait être signé, plusieurs questions se poseraient alors : sur quelle ligne budgétaire les honoraires seraient-ils imputés ? Quelle procédure d’engagement a été suivie ? Les instances compétentes de la CDC ont-elles été consultées ? Et surtout, les prestations envisagées correspondent-elles à un besoin nouveau dûment identifié ?

Le contexte institutionnel ajoute une autre dimension au dossier. Des interrogations circulent actuellement sur l’avenir de la direction générale de la CDC et sur une éventuelle transition à sa tête. Dans une telle période, les actes posés par les responsables de l’institution peuvent naturellement susciter une attention particulière, notamment lorsqu’ils engagent la CDC sur plusieurs exercices.

Pour autant, il convient de distinguer les interrogations politiques ou administratives des faits juridiquement établis. La seule existence d’un projet de convention ne permet pas, à elle seule, de conclure à une irrégularité. Il faudrait connaître son statut exact, les éventuelles validations internes, les crédits disponibles et les règles de délégation applicables au moment de sa conclusion.

Une autre précision mérite d’être apportée face aux chiffres qui circulent. Le document évoqué fait apparaître un forfait de 16 millions de francs CFA TTC par an, soit 32 millions sur deux ans. Il ne fait donc pas ressortir, à ce stade, un montant de 100 millions de francs CFA. Toute affirmation faisant état d’un engagement de 100 millions nécessiterait la production d’autres pièces permettant de l’étayer.

Au-delà de la polémique, le dossier pose une question plus générale de gouvernance : comment la CDC sélectionne-t-elle ses conseils juridiques, comment répartit-elle les missions entre les différents cabinets et selon quels critères justifie-t-elle l’engagement de nouvelles dépenses ?

La réponse à ces questions permettrait de lever les ambiguïtés et d’établir si cette convention répond à un besoin juridique précis ou si elle intervient alors que des prestations similaires sont déjà couvertes par d’autres engagements.

Dans un contexte où la transparence dans la gestion des organismes publics est devenue une exigence forte, la publication ou la communication des éléments pertinents du dossier — périmètre de la mission, conventions existantes, disponibilité des crédits et procédure de validation — contribuerait à éclairer le débat.

Sunuker News Desk