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Carburants au Sénégal : Birame Souleye Diop révèle une piste pour ramener le super à 925 FCFA

Carburants au Sénégal : Birame Souleye Diop révèle une piste pour ramener le super à 925 FCFA

Carburants au Sénégal : Birame Souleye Diop révèle une piste pour ramener le super à 925 FCFA
Carburants au Sénégal : Birame Souleye Diop relance le débat sur la fiscalité et les prix à la pompe

La récente hausse des prix des carburants remet au centre du débat la question de la fiscalité appliquée aux produits pétroliers et celle du coût réel supporté par les consommateurs sénégalais. Depuis le 15 août 2026, le litre de supercarburant est vendu à 990 FCFA, contre 920 FCFA auparavant, tandis que le gasoil est passé de 680 à 755 FCFA le litre. Le gouvernement avait officialisé ces nouveaux tarifs dans un communiqué publié le 14 août.

C’est dans ce contexte que l’ancien ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, a apporté de nouvelles révélations lors du point de presse de Pastef tenu mercredi 19 août. Il a notamment évoqué une étude qui aurait été commanditée par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko avant la dissolution du gouvernement.

Selon l’ancien ministre, cette étude avait été réalisée par de hauts responsables issus notamment de l’administration des Douanes, des Impôts et Domaines ainsi que du Trésor. Elle visait à identifier des mécanismes susceptibles d’alléger la pression fiscale sur les produits pétroliers et, par ricochet, de limiter l’impact des fluctuations des prix internationaux sur les tarifs appliqués à la pompe.

Une fiscalité estimée à environ 41 %

Birame Souleye Diop affirme que les travaux réalisés dans ce cadre avaient fait ressortir une fiscalité moyenne d’environ 41 % sur les produits pétroliers, avec toutefois des différences selon les catégories de produits. Une autre restitution de ses propos évoque une fourchette allant de 27 % à 52 %, selon les produits concernés.

Plusieurs hypothèses auraient alors été examinées pour réduire cette pression fiscale, notamment des niveaux de 15 %, 20 % et 25 %.

L’ancien ministre avance un exemple particulièrement significatif : avec une fiscalité ramenée à 25 %, combinée à une réduction de la subvention, le prix du supercarburant aurait pu, selon les simulations de l’étude, descendre de 990 à environ 925 FCFA le litre.

Cette proposition intervient alors que le gouvernement vient justement de procéder à une nouvelle hausse des prix. Le mécanisme actuel illustre toute la difficulté de concilier la protection du pouvoir d’achat, l’équilibre budgétaire de l’État et la nécessité de répercuter, au moins en partie, les évolutions du marché pétrolier.

Vers la fin progressive des subventions ?

Au-delà d’une simple baisse de la fiscalité, la réflexion présentée par Birame Souleye Diop s’inscrivait, selon ses explications, dans une réforme plus globale du système de fixation des prix.

L’objectif aurait été de réduire progressivement les subventions généralisées tout en mettant en place des mécanismes de protection mieux ciblés en faveur des ménages les plus vulnérables. Cette approche permettrait à l’État de diminuer le coût budgétaire des subventions tout en évitant que les catégories sociales les plus fragiles ne supportent seules les conséquences des hausses de prix.

L’ancien ministre a également évoqué la nécessité de revoir certaines dispositions du Code général des impôts, ainsi que la création d’un comité chargé du suivi de la réforme.

Cette question revêt une importance particulière pour les finances publiques. La fiscalité sur les produits pétroliers constitue depuis longtemps une source de recettes pour l’État, tandis que les mécanismes de subvention peuvent représenter une charge importante lorsque les cours internationaux augmentent.

Des données historiques du FMI montrent d’ailleurs que les taxes sur les produits pétroliers constituent une composante significative des recettes fiscales sénégalaises, même si leur poids et les mécanismes de compensation ont évolué au fil des années.

Un débat désormais ouvert

Birame Souleye Diop assure avoir présenté cette piste au ministre qui lui a succédé lors de la passation de service. Il se dit aujourd’hui disposé à participer à un débat contradictoire sur les différentes options permettant de réformer le système.

La polémique ne porte donc plus uniquement sur le montant affiché à la pompe. Elle pose une question plus large : comment parvenir à des prix des carburants supportables pour les ménages et les entreprises sans faire peser une charge excessive sur le budget de l’État ?

Avec le supercarburant désormais fixé à 990 FCFA et le gasoil à 755 FCFA, cette interrogation prend une dimension très concrète pour les automobilistes, les transporteurs et, plus largement, pour l’ensemble de l’économie sénégalaise. Une éventuelle réforme fiscale devra ainsi trouver un équilibre délicat entre recettes publiques, réduction des subventions, stabilité des prix et protection du pouvoir d’achat.

Pour l’heure, les chiffres avancés par l’ancien ministre constituent surtout une proposition de débat. Leur traduction en politique publique dépendrait d’arbitrages budgétaires, fiscaux et économiques que les autorités devront éventuellement examiner.

Sunuker News Desk