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Boubacar Camara défend le bilan de Sonko à la Primature : « La séparation était la meilleure solution »

Boubacar Camara défend le bilan de Sonko à la Primature : « La séparation était la meilleure solution »

Boubacar Camara défend le bilan de Sonko à la Primature : « La séparation était la meilleure solution »

Alors que le départ d’Ousmane Sonko de la Primature continue d’alimenter les débats au Sénégal, le ministre de l’Enseignement supérieur, Boubacar Camara, livre une lecture à la fois élogieuse et institutionnelle de cette séquence politique. Pour lui, l’ancien Premier ministre a réalisé un excellent travail, mais la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin à leur collaboration devait être respectée.

Le changement intervenu à la tête du gouvernement continue de susciter des commentaires dans les cercles politiques sénégalais. Plusieurs mois après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et son remplacement par Ahmadou Al Aminou Lô, Boubacar Camara revient sur cette période avec un discours qui se veut particulièrement nuancé.

Invité sur la RFM, le ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas hésité à saluer le bilan de celui qui fut son supérieur hiérarchique à la Primature. Une appréciation qu’il assume pleinement, lui qui a travaillé aux côtés d’Ousmane Sonko durant la seconde partie de son passage à la tête du gouvernement, en qualité de secrétaire général du Gouvernement.

« Ousmane Sonko a été excellent à la Primature, ça, je l’assume », a déclaré Boubacar Camara. Une manière pour le ministre de distinguer le jugement qu’il porte sur le travail accompli par l’ancien Premier ministre de la décision politique prise ensuite par le chef de l’État.

Pour lui, le débat ne doit pas être réduit à une opposition entre les deux principales figures de l’exécutif. Le fonctionnement des institutions implique, selon son analyse, de reconnaître au président de la République la responsabilité de déterminer l’équipe avec laquelle il entend conduire son mandat.

Le choix du président au cœur de son analyse

Boubacar Camara rappelle ainsi que Bassirou Diomaye Faye est le président élu et qu’il lui revient, en dernier ressort, de choisir les collaborateurs avec lesquels il souhaite mettre en œuvre sa politique.

« C’est le Président de la République qui a été élu. Il ne s’est pas trompé. Quelles que soient les conditions dans lesquelles le Président a été élu, c’est lui qui incarne l’État », a-t-il expliqué.

Dans cette logique, le ministre considère que le chef de l’État doit pouvoir adapter son équipe aux circonstances et aux objectifs qu’il s’est fixés. Il estime également que cette responsabilité implique que le président assume ensuite les résultats des choix effectués.

« C’est lui qui décide, à un moment donné, avec qui aller pour conduire la politique. C’est lui qui doit rendre compte », a poursuivi Boubacar Camara.

Une position qui revient à dissocier la qualité du travail fourni par Ousmane Sonko à la Primature de la question de la poursuite de la collaboration entre les deux hommes.

Pour le ministre, si le président de la République a estimé que les conditions politiques ou institutionnelles n’étaient plus suffisamment favorables pour permettre au tandem de continuer à fonctionner, la séparation devenait alors une option logique.

« Si le Président juge nécessaire que, dans les conditions qui prévalaient, il n’était plus favorable qu’ils continuent ensemble et qu’ils devaient se séparer, c’est la meilleure solution », a-t-il soutenu.

« Ce qui les lie » plus important que leurs divergences

Malgré cette séparation au sommet de l’exécutif, Boubacar Camara refuse toutefois de présenter les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko comme définitivement dominées par leurs désaccords.

Le ministre estime au contraire que les divergences observées entre les deux hommes restent secondaires au regard du projet politique qui les a longtemps réunis.

« Ce que je crois, c’est que les divergences entre Ousmane Sonko et le Président de la République sont secondaires par rapport à ce qui les lie. C’est mon point de vue », a-t-il précisé.

Cette déclaration intervient alors que les relations entre le président de la République et son ancien Premier ministre restent scrutées avec attention par l’opinion publique. Le duo Faye-Sonko, qui avait porté la coalition victorieuse lors de la présidentielle de 2024, avait placé sa relation politique au cœur de la nouvelle gouvernance du Sénégal.

Le départ de Sonko de la Primature a depuis marqué une nouvelle étape dans l’organisation du pouvoir exécutif, avec l’arrivée d’Ahmadou Al Aminou Lô à la tête du gouvernement.

Le témoignage de Boubacar Camara apporte ainsi une lecture différente du changement intervenu : il reconnaît les mérites de l’ancien Premier ministre tout en considérant que le président devait conserver la liberté de réorganiser son équipe gouvernementale.

Un message qui pourrait être résumé en une formule : le bilan de Sonko peut être jugé excellent sans que son maintien à la Primature soit considéré comme indispensable.

Sunuker News Desk