Le vote très attendu du projet de Loi de finances rectificative (LFR) patine. Alors que les urgences économiques se multiplient, le texte semble bloqué dans les rouages de l’Assemblée nationale depuis près de trois semaines. Un retard qui soulève de nombreuses interrogations sur les réelles motivations de l’hémicycle.
Après avoir été ajournée à deux reprises, la réunion du bureau de l’Assemblée nationale est finalement programmée pour ce vendredi. En tête des priorités de cette rencontre figure l’épineux dossier de la Loi de finances rectificative (LFR). Ce document, essentiel pour réajuster le budget de l’État aux nouvelles orientations du gouvernement, serait en souffrance depuis une vingtaine de jours.
Un blocage aux allures de calcul politique
Cette lenteur administrative a de quoi surprendre. En effet, le Débat d’orientation budgétaire (DOB) — étape préalable et cruciale — a déjà été évacué par les parlementaires dans le sillage des dernières réformes impulsées par le nouveau régime.
Dans le contexte politique actuel, où l’Exécutif et le Législatif doivent composer ensemble, cette inertie de la présidence de l’Assemblée nationale fait grincer des dents. Certains observateurs n’hésitent plus à évoquer de probables calculs politiques, voire une stratégie d’obstruction passive. Bloquer ou ralentir ce texte revient en effet à freiner l’Exécutif dans la mise en œuvre rapide de ses priorités financières et sociales.
L’arme de la session extraordinaire
Cependant, l’Exécutif est loin d’être désarmé face à cette situation. Conformément au calendrier républicain, la session ordinaire unique de l’Assemblée nationale a officiellement clos ses travaux le 30 juin dernier. Mais la Constitution sénégalaise, en son article 63, offre au Président de la République le pouvoir de forcer la main aux députés.
Le gouvernement (piloté par le Premier ministre) a ainsi la prérogative de convoquer le Parlement en session extraordinaire. Cette procédure permet à l’Exécutif d’imposer un ordre du jour précis et limité. Si le blocage persiste au niveau du bureau de l’Assemblée, l’État pourrait donc activer ce levier constitutionnel dans les jours à venir pour contraindre les députés à statuer sur la LFR avant la fin de la période estivale, et ainsi débloquer les fonds nécessaires à la bonne marche du pays.
La Rédaction : Sunuker.net
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